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Guy Wyser-Pratte cherche à faire plier Pages Jaunes

L'assemblée générale va être mouvementée pour Solocal Group, propriétaire des Pages Jaunes.

L'assemblée générale va être mouvementée pour Solocal Group, propriétaire des Pages Jaunes. - -

Guy Wyser-Pratte, investisseur franco-américain, va monter au créneau lors de l'assemblée générale de Solocal Group, propriétaire des Pages Jaunes. Une stratégie d'activisme actionnarial, bien rodée par l'homme d'affaires.

L'assemblée générale de Solocal Group, ex-Pages Jaunes, a lieu ce mercredi 5 juin. Elle promet d'être musclée. Guy Wyser-Pratte, l'investisseur activiste franco-américain, est bien décidé à croiser le fer avec le fonds américain Cerberus, premier actionnaire du groupe. Il reproche à Cerberus les conditions de son entrée au capital.

Une communication provocatrice et payante

Guy Wyser-Pratte incarne l'activisme actionnarial et les dirigeants d’entreprises ne le prennent pas à la légère. Le trouble-fête, très présent en France dans les années 90, est la bête noire de tous les PDG d'entreprises cotées. On le voyait moins récemment mais la crise semble l'avoir convaincu de revenir sur Paris.

En général, son mode opératoire est toujours un peu le même. Guy Wyser-Pratte s'empare d'une toute petite partie du capital d'entreprises un peu endormies et espère faire bouger les choses en comptant sur le mécontentement d'autres actionnaires.

Ce que l'homme d'affaires préfère, c'est bousculer les conseils d'administration pour pouvoir peser sur la stratégie du groupe. Son arme : une communication bien rodée et provocatrice. Le franc-parler et beaucoup d'ambitions sont d’ailleurs les principales caractéristiques de Guy Wyser-Pratte.

Forcer les décisions avec moins d'un 1% du capital

Né à Vichy en 1940, il devient citoyen américain lorsque sa famille part s'installer à New-York après la guerre. Il passera plusieurs années au Vietnam dans le corps des marins en tant qu'instructeur. De retour aux Etats-Unis, il suit les traces de son père, un financier.

C'est là-bas que l’homme d’affaires apprend les rudiments de l'activisme actionnarial et le transporte en Europe. Le principe est simple: repérer des anomalies dans le management d'un groupe, en acquérir une petite partie du capital grâce à son fonds d'investissement et faire pression sur la direction.

Depuis, il l’a prouvé avec Ingénico, Valeo ou Taittinger: on peut forcer le cap avec moins d'1% du capital. La dernière fois qu'on a entendu parler de lui, c'était en 2010 quand il s'est attaqué à Lagardère, dont il contestait la gouvernance. Le feuilleton a duré plusieurs mois avant que le groupe ne lui barre la route.

Hélène Cornet