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Guillaume Poitrinal: "il n'est pas simple de réformer la France"

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BFM Business - Guillaume Poitrinal reconnaît que les entreprises connaissent actuellement "le meilleur et le pire"

Le co-président du conseil de simplification était l'invité de BFM Business, ce jeudi 30 octobre. Il est revenu sur les mesures prises pour tenter d'alléger les normes dans le pays et a reconnu qu'il faut aller plus loin.

La simplification sera encore une fois au menu à l'Elysée, ce jeudi 30 octobre. Après une première vague de 50 mesures en avril dernier, 50 nouvelles décisions doivent être présentées au président de la République. Au total, elles permettront des gains supérieurs à 11 milliards d'euros, a estimé Thierry Mandon, le secrétaire d'État à la Réforme de l'Etat, sur France Inter.

Pour sa part Guillaume Poitrinal, co-président du Conseil de Simplification, l'organe chargé d'élaborer ces propositions, a donné un peu plus de détails sur la mise en oeuvre de ces réformes sur BFM Business. Il expliqué que la moitié des mesures présentée en avril "sont mises en œuvre". "Cela ne suffit pas évidemment ", a-t-il reconnu.

"Le meilleur et le pire"

D'autant que ce "choc" de simplification survient alors que les entreprises font face à plusieurs textes législatifs qui leur ajoutent des contraintes. "En ce moment, il y a le meilleur et le pire pour l'entreprise. Ce qu'il faut espérer c'est que le pire disparaisse et que le meilleur reste et progresse".

Par le "pire", Guillaume Poitrinal a fait notamment référence au compte pénibilité. "Je suis chef d'entreprise; j'ai dit que ce système était délirant. Aller vérifier pour 100 salariés le niveau de pénibilité avec des gens et savoir s'ils travaillent au-dessus ou en dessous des épaules, la nuit ou pas la nuit, pour des cas de pénibilité réels mais qui concernent 0,1% des salariés (…) on est dans le drame", a-t-il déploré.

"Pour 1% de problème à régler on emmerde 99% des gens. J'espère qu'un jour un gouvernement va revenir dessus".

"Il y a des résultats"

A côté de ces mesures qui alourdissent les lourdeurs bureaucratiques pour les entreprises, Guillaume Poitrinal a tenu à rappeler que "dans le même temps il y a un effort de simplification inédit".

Mais l'ancien patron d'Unibail-Rodamco a encore concédé qu'il n'est "pas simple, en France, de réformer ce pays. Cela se saurait si on pouvait d'un coup de baguette magique simplifier 30 ans de complexification en un an. Dans la réalité cela n'est pas possible".

Il a toutefois assuré qu'"il y a des résultats sur la déclaration sociale nominative qui représente des dizaines de milliers d'heures d'entreprise qui vont être simplifiées". Cette mesure permet ainsi de fusionner plusieurs déclarations, auparavant envoyée à plusieurs destinataires, en une seule démarche.

Sur une mesure phare, la simplification de la fiche de paie, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2016, Guillaume Poitrinal a affirmé faire face "à une grosse résistance de la part des éditeurs de logiciel. Mais "tous ces business qui vivent de la complexité, il faut les réorienter", a-t-il conclu.

Julien Marion