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Gucci: le directeur de la création, Alessandro Michele s'en va

Le directeur de la création de Gucci, Alessandro Michele, quitte son poste. La maison-mère Kering l’a annoncé ce mardi soir.

Le divorce a été officialisé, ce mardi soir, entre Alessandro Michele et Kering. "Il y a des moments où les chemins se séparent en raison de perspectives différentes que chacun de nous peut avoir", déclare le styliste italien dans un communiqué, saluant "un voyage extraordinaire de plus de vingt ans dans l’entreprise". François-Henri Pinault, le Pdg de Kering, lui souhaite "le meilleur pour la suite de son parcours créatif".

Plus tôt dans la journée, la presse américaine avait annoncé ce départ, en évoquant des divergences de points de vue sur la stratégie. L’information avait plutôt plu aux marchés, qui l’attendaient "depuis deux, trois ans", explique Arnaud Cadart, gérant chez Flornoy  Ferri. "C’est une très bonne nouvelle", se sont même félicités les analystes de Bernstein, en déplorant un ronronnement de la marque depuis plusieurs années. "Gucci souffre de la fatigue de la marque et Alessandro Michele fait la même chose depuis sept ans", ont-ils écrit dans une note. Des rumeurs récentes d'un possible retour de l'ancien designer de Gucci, Tom Ford, dans le giron de Kering, ont-elles précipité les choses? Toujours est-il que c’est la fin d’une histoire de plus de vingt ans.

La machine s'est essoufflée 

Alessandro Michele a pris les rênes de la direction de la création de Gucci en 2015 et il a "révolutionné la maison", d’après les termes de Kering. À partir de ce moment-là se sont succédé les trimestres de forte croissance et la maison italienne est devenue la locomotive du groupe Kering. "En trois ans, il a explosé, confirme Arnaud Cadart, qui évoque une "période exceptionnelle, pendant laquelle la transformation économique de la marque a été monstrueuse". Aujourd’hui encore, la maison Gucci continue de progresser. L'année dernière, elle a réalisé un résultat opérationnel courant de 3,7 milliards d'euros, pour un peu plus de 5 milliards d'euros pour l'ensemble du groupe Kering. Mais la machine s'est essoufflée et depuis trois ans, en Chine et aux États-Unis, notamment, elle croît moins vite que les autres maisons du groupe et moins vite, aussi, que les concurrentes, comme Hermès, Vuitton ou Christian Dior. Au troisième trimestre, par exemple, les revenus de Gucci ont progressé de 9%, contre 22% pour la division mode et maroquinerie de LVMH.

La page est désormais tournée. Reste à savoir qui va reprendre le flambeau pour faire briller cette marque, sur laquelle compte beaucoup Kering. Pour l’instant, le géant français ne donne pas de nom. Pas de designer star à l’horizon. "Le studio de création de Gucci continuera à assurer la responsabilité créative de la Maison jusqu’à ce qu’une nouvelle organisation soit annoncée", explique-t-il dans un communiqué. 

Pauline Tattevin