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François Hollande renvoie la balle aux patrons

Le président de la République est disposé à discuter des seuils sociaux dans les entreprises

Le président de la République est disposé à discuter des seuils sociaux dans les entreprises - -

Lors de son intervention du 14 juillet, le président de la République a demandé aux entreprises de tenir les engagements, mais parallèlement, il s'est dit prêt à de nouveaux gestes en leur faveur.

François Hollande a renvoyé la balle aux entreprises lors de son intervention du 14 juillet.

"Les entreprises doivent maintenant faire ce à quoi elle se sont engagées. Je ne rappelle pas ici les bagdges qui ont été portés...", a déclaré le président de la République, faisant allusion au pin's promettant un million d'emplois arboré par le président du Medef Pierre Gattaz.

"Pendant trois ans, vous connaissez la donne. Les entreprises veulent de la pérennité? Je vous mets sur la table avec une garantie -les parlementaires viennent de voter les textes- ce qui va se produire du côté de l'Etat pendant trois ans: soutien aux entreprises, baisses d'impôts pour les ménages, économies budgétaires... Tout est connu, tout est maintenant sur la table, et rien ne sera modifié. Alors je dis aux entreprises: 'maintenant, c'est à vous aussi de marquer votre confiance'", a déclaré le chef de l'Etat sur TF1 et France 2.

Le chef de l'Etat a donné l'exemple de la filière chimique, où "un accord a été signé suite au pacte de responsabilité. Les entreprises se sont engagées à recruter 45.000 salariés en CDI et à former 5.000 apprentis. Le pacte de responsabilité, c'est cela: maintenant, cela va discuter branche par branche, entreprise par entreprise".

Il a rappelé: "déjà au mois de mai, il y a eu le versement de près de 10 milliards d'euros, pas au patronat pour des dividendes, mais aux entreprises pour l'emploi".

Main tendue aux entreprises

Parallèlement, le président de la République est aussi prêt à prendre de nouvelles mesures en faveur des entreprises, qui, a-t-il rappelé, "avaient des taux de marge très faibles, c'est-à-dire des résultats qui ne permettent plus d'investir ni d'embaucher".

"Par exemple, sur comment on peut encore simplifier, favoriser l'embauche, permettre que l'on puisse avoir des seuils [sociaux] qui soient assouplis, oui, tout cela sera fait d'ici la fin de l'année après concertation", a assuré François Hollande.

Concernant le travail le dimanche, "on a assoupli, vous avez vu ce que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a fait. Mais on ne peut pas décider que tout le monde va travailler le dimanche, je m'y refuse! Mais assouplir, oui! Il ne doit y avoir aucune limite, dès lors que les intérêts des salariés sont protégés, et qu'on créé de l'emploi".

D'une manière générale, il a assuré: "nous avons simplifié un certain nombre de dispositifs du code du travail. Mais on peut aller plus loin, et cela va se faire".

"On n'a pas tout essayé"

Concernant le chômage, "je ne vais pas dire comme d'autres: 'nous avons tout essayé, nous allons attendre'. Non! Nous n'avons pas tout essayé", a ajouté le chef de l'Etat, faisant allusion à ce qu'avait déclaré son prédécesseur François Mitterrand.

Toutefois, il a reconnu avoir commis une erreur: "j'avais dit qu'on allait inverser la courbe du chômage, et puis ce n'est pas venu. [Mais] c'était un objectif qui a permis de mobiliser tous les acteurs. J'aurais pu m'arrêter là, en disant: 'on n'a pas réussi'. J'ai dit au contraire: 'on n'a pas réussi, on va donner une nouvelle impulsion, une nouvelle accélération' et c'est le pacte de responsabilité et de solidarité", a-t-il conclu.

Deux sommets à la rentrée

Concernant, le chômage de longue durée, le président de la République a annoncé "nous allons agir dès septembre avec une négociation avec l’ensemble des partenaires sociaux".

En outre, "il y aura une rencontre - je la présiderai moi-même - à la rentrée pour lever tous les obstacles par rapport à l'apprentissage", a-t-il dit.

"Ce que peut faire l'enseignement public de plus, ce que peut faire l'Etat - il y a 700 apprentis seulement dans la fonction publique d'Etat-, ce que peuvent faire les entreprises en plus, on va tous s'y mettre", a-t-il ajouté, réitérant l'objectif de "500.000 apprentis d'ici 2017".

J. H.