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Flexibilité des fonctionnaires : craintes des agents

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Le gouvernement a adopté un projet de loi visant à augmenter la mobilité des fonctionnaires. Les agents expriment de vives craintes.

La flexibilité des fonctionnaires a été adoptée en Conseil des ministres de ce matin. Le gouvernement a examiné un projet de loi "qui fait sauter tous les obstacles juridiques et institue un réel droit à la mobilité des fonctionnaires" selon Nicolas Sarkozy.

A la clé, la possibilité pour l'Etat de "muter" ses 6 millions de fonctionnaires à travers tout le pays comme cela se fait dans le privé. Le nouveau texte doit "offrir des outils, notamment financiers, pour encourager la mobilité" en créant des "primes encourageant la mobilité et accompagnant la réorganisation des services, ainsi qu'une indemnité de départ volontaire", selon le communiqué du Conseil des ministres.

Les syndicats y sont unanimement opposés. Ils parlent de "sous fonction publique" et de "mutation subie". Après trois refus, le fonctionnaire pourra être privé de rémunération.

Ainsi, Marie-Line, qui travaille à la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) de Cahors, pourrait être mutée à Toulouse avec la création d'une "agence régionale de la santé". Selon elle, « on ne souhaite pas quitter l'endroit où l'on a fait construire. Ca implique des changements de travail et des frais supplémentaires en transports. On aurait une vie familiale qui serait détruite. Il est question de demander l'avis des fonctionnaires, mais on n'y croit pas car le travail sera au niveau des agences régionales de santé, à Toulouse ou à Rodez. On ne veut pas quitter le département ».

Pour Alain, professeur à Cahors, « il n'y a plus de fonction publique. On modifie, on doit casser les structures du département, les structures de l'Etat et donc vous devez trouver dans des systèmes d'agences différents fonctionnaires qui ont des statuts différents. Si on vous supprime votre poste, il faudra vous mettre quelque part. On aura pas le choix, la mobilité à la sauce du gouvernement ça veut dire que si vous acceptez votre poste tout va bien, sinon au bout de plusieurs offres, vous êtes à la porte. C'est le licenciement des fonctionnaires, c'est inquiétant ».

La rédaction et Pierre Viaud