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Vers une pénurie d'essence et de gazole en France?

La grève menée depuis vendredi par les transporteurs de carburant se poursuit, impactant l'approvisionnement de certaines stations-service. Les automobilistes doivent-ils s'attendre à une pénurie de super SP et de gazole? BFM Business fait le point sur la situation.

À l'appel de la CGT, les transporteurs de matières dangereuses ont repris leur grève ce lundi. Espérant "négocier" l'insertion dans la convention collective du transport routier de "spécificités" propres aux matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques...), ces conducteurs de poids-lourds ont mis en place des barrages filtrants aux abords de plusieurs dépôts de carburant et raffineries d'Ile-de-France.

Selon Fabrice Michaud, délégué CGT des chauffeurs de camions-citernes, interrogé sur RTL, "environ 60% des stations seraient proches de la rupture de stocks". Menées sur le site du port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et à la raffinerie de Grandpuis (Seine-et-Marne), les actions des grévistes ont impacté l'approvisionnement de plusieurs pompes à essence franciliennes, notamment celles du groupe Total. 

Ce lundi, sur les 350 stations Total (marques Total, Total Access et Total Contact) situées en Ile-de-France, 21 étaient en rupture de stock (soit 6% du réseau francilien), 61 en rupture de gazole et 42 en rupture de super sans plomb. 

Aucun risque selon les autorités 

À l'exception de ces pompes vides "localisées à Paris et en proche banlieue" la situation dans les autres stations-service du groupe "est normale" indique, auprès de l'AFP, la major pétrolière. Celle-ci prévoit un retour progressif à la normale dans les prochains jours. Dans un communiqué, la Préfecture de police de Paris souligne donc qu'il "n'y a pas de pénurie, ni de risque de pénurie de carburant sur la région Ile-de-France". 

N'envisageant aucune négociation avec la CGT, les organisations patronales se montrent, elles aussi, rassurantes quant à l'approvisionnement en carburant du pays. La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) et l'Union des entreprises transport et logistique de France (TLF) indiquent que "75% des chargements en carburant sont assurés. Ce qui n'entraîne pas de risque de rupture dans la chaîne d'approvisionnement".

De son côté, l'Union française des industries pétrolières (UFIP) précise que "les distributeurs font le maximum pour que leurs clients ne soient pas pénalisés par le mouvement en cours".

Joint par BFM Business, le pétrolier Esso assure avoir pris "toutes les dispositions nécessaires" et rappelle que "le risque de pénurie est artificiel". En 2016, lors des mobilisations contre la loi Travail, La surconsommation des automobilistes, affluant dans les stations par crainte de se retrouver à sec, qui avait alors créé le manque de carburant. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV