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Une nouvelle taxe sur le pétrole inquiète les professionnels du secteur

Les raffineurs et les distributeurs pourraient être les perdants de cette nouvelle taxe

Les raffineurs et les distributeurs pourraient être les perdants de cette nouvelle taxe - -

Pour augmenter les recettes, le gouvernement envisage d'instaurer une taxe sur les stocks pétroliers. Les industriels, eux, assurent que le moment est mal choisi.

Le secteur pétrolier est dans le viseur de Bercy. Pour boucler le budget 2012, l'Etat doit trouver 7 à 10 milliards d'euros. Parmi les pistes envisagées, le gouvernement étudie la possibilité d'une nouvelle taxe qui porterait sur la valorisation des stocks des produits pétroliers. Selon Les Echos, elle pourrait atteindre 4%.

Les professionnels du secteur ont d’ailleurs énormément de mal à comprendre cette initiative. Ils considèrent ainsi que cette taxe est "une mauvaise idée, au mauvais moment". "Le problème c'est que le gouvernement prend l'argent là où il peut",estime l'un d'entre eux, sous couvert d'anonymat.

Total, Shell et les autres groupes gagnent surtout de l'argent au moment de l'extraction du pétrole, une activité taxée dans les pays locaux. Autrement dit, la France ne voit jamais la couleur de cet argent. Dans l’Hexagone, ce sont ainsi les raffineries et les stations-services qui devraient subir la ponction.

500 millions d'euros pourraient rentrer dans les caisses de l'Etat

Cette hypothèse inquiète l’Union française des industries pétrolières (UFIP)."Les raffineurs français ont perdu deux milliards d'euros ces trois dernières années", rappelle-t-elle. Et la distribution, elle, ne gagne quasiment pas d'argent : à peine un centime par litre vendu, en moyenne.

L'UFIP considère que la taxe pourrait rapporter à l'Etat 500 millions d'euros. D’après un professionnel interrogé par la rédaction, cette somme correspond exactement à la marge nette réalisée par l’ensemble des acteurs de la distribution pétrolière, de Leclerc aux stations Total.

"Personne ne travaille pour ne pas gagner d'argent" résume le porte-parole d'un grand groupe du secteur. Ce dernier évoque deux options : répercuter sur les prix à la pompe ou bien arrêter l'activité.

Anthony Morel et BFMbusiness.com