BFM Business

Une anomalie détectée dans le cœur de l'EPR Flamanville

L'EPR de Flamanville coûtera finalement presque trois fois plus cher que prévu.

L'EPR de Flamanville coûtera finalement presque trois fois plus cher que prévu. - Morpheus2309 - Wikimedia - CC

L'Autorité de sûreté nucléaire a annoncé ce mardi avoir trouvé un défaut technique sur l'EPR en construction de Flamanville. Une anomalie située dans le cœur de l'îlot nucléaire.

Nouvelle anomalie pour l'EPR de Flamanville. Le chantier du réacteur nucléaire risque de subir un nouveau retard. Un de plus. L'autorité de sûreté nucléaire vient de mettre au jour un défaut technique sur le réacteur. Cette fois, il s'agit d'une anomalie qui touche directement à la sûreté de l'installation, puisqu'il touche le cœur de l'îlot nucléaire. L'anomalie frappe la cuve d'acier du réacteur. Celle où se produit la fission de l'atome, autrement dit, l'endroit le plus sensible d'un réacteur. Cette cuve est censée être un bouclier de protection de la radioactivité car elle contient le combustible. Cette anomalie s'ajoute à celle identifiée sur le couvercle de la cuve, il y a cinq mois, par EDF.

Le gouvernement a donc immédiatement demandé à Areva, le concepteur de la cuve, de réaliser de nouveaux essais pour identifier précisément la faille. Des résultats d'expertise devraient être connus d'ici le mois d'octobre.

Un retard faramineux

C'est en tous cas un préalable pour continuer à mener à bien ce chantier. Un chantier qui accuse un retard faramineux. Au moins cinq ans. Et un budget qui explose de mois en mois. Ce réacteur-là utilise la technologie d'Areva, mais c'est EDF qui en gère la construction.

Au début du projet, en 2007, le Français est associé avec l'Italien Enel. Le partenaire transalpin jette l'éponge en 2013, après l'annonce d'un énième surcoût. La centrale normande, qui devait à l'origine coûter 3,3 milliards d'euros, reviendra finalement à 8,5 milliards. Son démarrage, prévu pour 2012 au lancement du projet, n'interviendra en définitive que courant 2016, au mieux.

Pour le moment, EDF et Areva ne communiquent pas sur un éventuel nouveau retard. Et se contentent d'affirmer que les travaux se poursuivent.

Sidonie Watrigant avec N.G.