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Suez veut supprimer 600 postes en France

Le directeur général de Suez, Jean-Louis Chaussade

Le directeur général de Suez, Jean-Louis Chaussade - ERIC PIERMONT / AFP

15% des effectifs des fonctions supports seront visés par quatre plans de départs volontaires. La décision doit être actée la semaine prochaine.

Suez souffre en France et va tailler dans ses effectifs. Le spécialiste de la distribution de l’eau et de la gestion des déchets va engager un vaste plan de suppression de postes. Selon plusieurs sources syndicales et proches de la direction, le groupe vise la réduction de 600 emplois en France dans tous ses métiers. Concrètement, quatre plans de départs volontaires seront lancés dans les quatre entités du groupe : l’eau (ex-Lyonnaise), le recyclage (ex-Sita), l’ancienne filiale de traitement de l’eau Degrémont et le siège.

Suez ne touchera qu’aux fonctions supports, les finances, les ressources humaines, l’administratif…, soit un total de 4.000 personnes sur les 35.000 salariés du groupe en France. Les réductions de coûts porteront sur 15% de ce périmètre, soit 600 postes. "Entre le siège et les branches métier, il y a beaucoup de doublons", justifie un proche de la direction. La décision officielle doit être actée lors du prochain conseil d’administration de Suez, le 26 octobre prochain. Contacté, le groupe n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Pas de départs contraints

Il y a quelques semaines, un accord a été signé entre la direction et les organisations syndicales pour procéder à des départs volontaires et non-contraints. "Les salariés ne partiront que s’ils le souhaitent, assure Taha Boudjada, délégué CFDT. Et il y aura des reclassements". Pourtant, Suez a bel et bien besoin de réduire ses coûts comme il l’a annoncé l’été dernier.

"Tous nos métiers souffrent en France, reconnaît un dirigeant du groupe. Leur modèle économique évolue radicalement". Depuis cinq ans, le principal métier, l’eau, subit une forte pression de ses marges qui ont encore reculé de 4,6% au premier semestre 2016. Les contrats juteux de 20 ou 30 ans avec les communes ont quasiment tous été renégociés par les maires, eux aussi sous pression. Suez, comme son rival Veolia d’ailleurs, a dû consentir d’importantes baisses de prix, de l’ordre de 20% ou 30%, pour conserver ses contrats. De son côté, le chiffre d’affaires des déchets a baissé de 4% au premier semestre sous l’effet de la faible croissance et de la consommation. Enfin, le recyclage continue à perdre de l’argent à cause de son coût élevé et de ses revenus qui ne le sont pas assez.

L’an passé, Suez Environnement est devenu Suez et toutes ses filiales ont adopté ce nom. Une manière de lancer une intégration de ces 40 marques et filiales et de procéder à ces économies de coûts. La fin d’un cycle de 30 ans pendant lequel le groupe a bien vécu. L’heure est désormais aux économies.

Matthieu Pechberty