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Remplacer son livret A par un compte-épargne CO2?

Changer les fenêtres et améliorer l'isolation d'un logement permet d'économiser autour de 1.000 kg de CO2 par an.

Changer les fenêtres et améliorer l'isolation d'un logement permet d'économiser autour de 1.000 kg de CO2 par an. - -

Une jeune société de Brest vient de lancer un compte-épargne CO2. Les clients pourront gagner des kilos de CO2 lorsqu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, et ensuite les revendre.

Et si le carbone remplaçait les euros un jour prochain? Alors que le marché européen du CO2 est en panne, la société brestoise 450 vient de lancer le "compte épargne CO2".

Le principe est un peu semblable à celui des certificats d’économie d’énergie. Le système ne fonctionne pour le moment que dans le Finistère, mais pourra être étendu à toute la France en cas de succès.

Concrètement, les ménages inscrits doivent établir un bilan de référence de leurs émissions de CO2, à partir de leurs factures d’électricité et de justificatifs pour leur véhicule. Ensuite, les émissions sont recalculées chaque année.

En cas de baisse des émissions de carbone, les clients reçoivent des kilos de CO2 correspondant aux économies d’énergie réalisées. S’il n’y a pas de baisse, le compte client n’est simplement pas crédité, explique la société 450.

Le soutien de Michel Rocard

Avec les kilos de CO2 présents sur son compte, le consommateur peut ensuite acheter des biens et services dans un catalogue, comme des billets de train ou une assurance auto, ou s’en servir pour faire un don à une association.

Les kilos attribués peuvent être conservés pendant 10 ans, et leur valeur est fixée d’après le protocole de Kyoto. Actuellement, la tonne de CO2 s’échange entre 5 et 8 euros sur le marché carbone européen.

Le projet de l’entreprise bretonne 450 a reçu le soutien de Michel Rocard. "Si on continue à produire des gaz à effet de serre, on va transformer la planète en poêle à frire et en moins d'un millénaire la vie deviendra impossible", a déclaré l’ancien Premier ministre.

"Jusqu'à présent nous n'avons eu de l'écologie que les empoisonnements au nom desquels on complique notre vie quotidienne", a regretté Michel Rocard, qui milite pour une vision moins culpabilisatrice de la lutte pour le climat.

A.D.