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Regarder compulsivement des séries fait exploser votre empreinte carbone

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Selon un rapport de Greenpeace, les spécialistes du streaming comme Netflix, Amazon et HBO ne tirent qu'une petite partie de leur électricité des énergies renouvelables. Or la consommation de contenus en streaming va exploser d'ici 2020.

Vous avez prévu une petite soirée bien au chaud en ces froides nuits d'hiver à enchaîner les épisodes de Game of Thrones, de Sherlock ou de House of Cards? La planète ne vous remercie pas. Selon un rapport de Greenpeace en effet, les sites de streaming qui permettent d'accéder à toutes vos séries préférées sont les pires en matière de bilan énergétique. 

Car si ces dernières années, les géants du web comme Facebook, Google ou Apple ont fait de gros efforts pour s'approvisionner en électricité issue des énergies renouvelables, les sites de streaming sont très en retard. Netflix, Amazon, HBO ou encore l'américain Hulu sont très mal notés par Greenpeace. Alors que Google obtient la note A avec YouTube pour son score environnemental, Amazon Prime Vidéo a droit à un C, Netflix et HBO écopent d'un D et Hulu d'un F. 

82% du trafic internet d'ici 2020

L'ONG pointe notamment un manque de transparence énergétique pour Netflix et Amazon qui obtiennent un F dans cette catégorie. L'approvisionnement en énergies renouvelables est loin d'être majoritaire pour les géants du streaming. Leur part ne dépasse pas les 20% pour les grands sites de streaming que sont Netflix (17%), Amazon Prime (17%) ou Hulu (20%) selon Greenpeace. Avec 22%, le producteur de la série Game of Thrones HBO fait un peu mieux mais il reste loin des sites de partage de vidéo comme Vimeo (47%) ou même YouTube (56%).

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Si cette dépendance aux énergies fossiles est jugée problématique par Greenpeace, c'est que la consommation de vidéo en streaming est en train d'exploser dans le monde. Elle représentait 68% du trafic dans le monde en 2015 et devrait atteindre les 82% d'ici 2020 selon CiscoPour se faire une idée de l'ampleur du phénomène, il faut savoir qu'en 2011, les Américains ont "streamé" 3,2 milliards d'heures de vidéo, ce qui représentait à l'époque 25 pétajoules d'énergie, soit 1,3 milliard de kilos de dioxyde de carbone émis selon une étude de l'Université de Californie. Or sur la seule année 2015, Netflix a enregistré 42,5 milliards d'heures de programme visionnés sur son site. Greenpeace appelle Netflix, Amazon et les autres à accroître leur part d'énergie renouvelable comme l'ont fait Apple, Facebook et Google, bons élèves du rapport de l'ONG.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco