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Rachat d'UraMin: Lauvergeon et Areva perquisitionnés

La gestion d'Areva par Anne Lauvergeon a vivement été critiquée par la Cour des comptes, qui l'a signalé auprès du parquet financier.

La gestion d'Areva par Anne Lauvergeon a vivement été critiquée par la Cour des comptes, qui l'a signalé auprès du parquet financier. - -

Des perquisitions ont été effectuées ce mardi 3 juin au siège du groupe français, ainsi qu'au domicile d'Anne Lauvergeon, son ancienne patronne. Elles concernent directement le rachat du Canadien UraMin par Areva en 2007.

L'affaire du rachat d'UraMin en 2007 par Areva pourrait se révéler explosive. Alors qu'un récent signalement de la Cour des comptes a déclenché l'ouverture d'une enquête préliminaire par le nouveau parquet national financier (PNF), des perquisitions ont eu lieu ce mardi 3 juin au siège du groupe français ainsi qu'au domicile d'Anne Lauvergeon, rapporte Le Monde.

L'enquête concernerait des faits de "présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles", "diffusion d'informations fausses ou trompeuses" et "faux et usage de faux".

L'ex-patronne de l'entreprise était directement visée par le pré-rapport de la Cour des comptes portant sur la période de gouvernance 2006-2011: une stratégie générale qualifiée de "fuite en avant", la rémunération des dirigeants, la commercialisation du réacteur EPR et l'affaire UraMin, étaient notamment pointées du doigt.

Naufrage financier

C'est sur ce dernier dossier que portait le signalement auprès du parquet financier. En cause, le rachat de la société canadienne d'exploration minière UraMin en 2007 pour 1,8 milliard d'euros, qui a finalement abouti à un véritable naufrage financier.

Des investissements supplémentaires de 865 millions d'euros font également l'objet de questions de la part de la Cour des comptes. Car selon le signalement, ceux-ci ont été réalisés avant que les "instances dirigeantes ne disposent d'éléments fiables sur leur pertinence", rapporte Le Monde.

Après le fiasco lié au rachat d'UraMin, Areva avait été obligé de passer sur ses comptes de 2010 et 2011 des provisions d'un montant total proche de 1,9 milliard d'euros pour tenir compte de la dévalorisation des actifs de la société, consécutive à une baisse des cours de l'uranium et de ses réserves estimées.

Y. D.