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Prix de l'électricité: Royal peut-elle bloquer les tarifs?

Le gouvernement se mettrait en "illégalité" s'il persistait à bloquer la hausse des tarifs de l'énergie.

Le gouvernement se mettrait en "illégalité" s'il persistait à bloquer la hausse des tarifs de l'énergie. - -

Invitée sur BFMTV ce mardi 15 avril, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a promis de ne pas augmenter les tarifs de l'électricité avant août, alors qu'une récente décision oblige le gouvernement à réévaluer ces prix sous deux mois.

Il n'y aura "pas d'augmentation" des tarifs d'EDF d'ici au mois d'août, a promis Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, ce mardi 15 avril sur BFMTV. Pourtant, une décision du Conseil d'Etat prise vendredi contraint le gouvernement à augmenter les prix pour neuf foyers français sur dix.

La plus haute juridiction administrative, comme elle l'a déjà fait pour le gaz, a retoqué les tarifs réglementés d'électricité d'EDF appliqués entre juillet 2012 et juillet 2013. Des prix pas assez élevés pour couvrir les frais de l'énergéticien français, a-t-elle argumenté. Elle a donc enjoint le gouvernement de régulariser via une augmentation rétroactive des prix "dans un délai de deux mois". Celle-ci devrait être de l'ordre de 20 à 40 euros.

Les tarifs "bleu" et "jaune" d'EDF, qui concernent les particuliers et les petits professionnels, auraient dû croitre de 5,7%, selon le Conseil d'Etat. Et même de 7% selon une seconde évaluation de l'institution. Le gouvernement Ayrault, lui, avait limité la hausse à 2%, en juillet 2012.

Le gouvernement dans l'illégalité

Aujourd'hui, Ségolène Royal affirme que son "souci, c'est que, lorsque les Français vont payer leur facture cette année, en 2014, il n'y ait pas de coût supplémentaire par rapport à ce qui avait été promis".

"D'après la loi, le prix auquel on vend l'électricité doit couvrir ses coûts de production", indique Jean-Marie Chevalier, professeur d'économie à Dauphine. Si elle persiste dans cette intention, "Ségolène Royal va aggraver l'illégalité de ce que fait la classe politique depuis plusieurs années, en bloquant les prix de l'énergie", poursuit-il.

Ségolène Royal promet de "trouver une solution de bon sens, concrète, conforme aux textes et aux règles pour qu'il n'y ait pas d'augmentation sur cette période entre aujourd'hui et le mois d'août". Impossible, selon Jean-Marie Chevalier, à moins de "faire une distinction entre les Français qui paient les vrais tarifs et ceux qui sont dans la précarité, qui pourraient éventuellement bénéficier d'une aide sociale".

L'Hexagone est actuellement un des pays où l'électricité coûte le moins cher. Selon Eurostat, au second semestre 2012, il était 13ème du classement européen, avec 15 cents du kilowattheure, loin devant l'Allemagne, 33ème avec ses 27 cent du kilowattheure. Mais si l'Etat avait respecté la loi, le prix de l'énergie aurait été plus proche des 16 centimes, reléguant la France au moins cinq rangs plus bas.

Nina Godart