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Pour plus de 7 cadres sur 10, le développement durable est avant tout utilisé comme outil marketing

Les cadres pensent que croissance et développement durable vont bien de pair

Les cadres pensent que croissance et développement durable vont bien de pair - photoshopper24 - Pixabay - CC

Dans un baromètre Viavoice-HEC pour BFM Business, L'Express et Libération, les cadres jugent en majorité que les entreprises françaises n'ont pas mené de véritables actions concrètes en matière de développement durable.

L'accord de Paris noué lors de la COP21 aura bientôt deux ans. Ambitieux, ce texte visait à limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés celsius d'ici à la fin du siècle. L'annonce du retrait des États-Unis a néanmoins clairement mis du plomb dans l'aile de cet accord.

Et les engagements ne paraissent pas tenus auprès de l'opinion publique. Ce constat est confirmé par le baromètre des Décideurs Viavoice-HEC(*) pour BFM Business, L'Express et Libération publié ce mercredi. Ainsi, une très large majorité de cadres (80%) estime que la communauté internationale ne tient pas ses promesses depuis les accords de Paris de fin 2015.

Ce qui clairement les mécontente, puisque 63% d'entre eux pensent que l'action internationale contre le réchauffement climatique représente une opportunité pour les entreprises françaises, bien plus qu'une contrainte (17%). D'ailleurs, dans la même veine, ils sont plus de 7 sur 10 (73%) à considérer que la lutte contre le réchauffement climatique ne constitue pas un frein à la croissance (contre seulement 23% qui pensent l'inverse).

Les cadres pour l'interdiction du glyphosate d'ici à trois ans

Par ailleurs au niveau même de leur propre société les cadres jugent, en majorité (59%), que l'impact environnemental n'est pas suffisamment pris en compte. Ils pensent surtout que le développement durable a été utilisé par les entreprises françaises pour des actions de communication et de marketing (76%), ce que l'on appelle communément le "greenwashing". Ils ne sont, à l'inverse, que 19% à penser que les entreprises tricolores ont réellement mené des actions concrètes en ce sens.

Toujours selon ce baromètre, les cadres, en très grande majorité, sont favorables (87%) à l'interdiction d'ici à trois ans du glyphosate, comme le souhaite le président Emmanuel Macron. Rappelons que lundi, les États membres de l'UE ont décidé de renouveler pour cinq années la licence de cet herbicide controversé produit par Monsanto. Une décision que Paris n'a pas approuvée, en décidant de maintenir son interdiction d'ici à trois ans.

D'autres mesures sont plébiscitées par les cadres. C'est le cas du plan de 4 milliards d'euros pour isoler les bâtiments les moins bien isolés (84% d'opinions favorables), de la fermeture des centrales à charbon d'ici 2022 (76%) ou encore du "veto climatique" (63%) qui doit s'assurer que l'accord de libre-échange sur le Ceta ne remette pas en cause la COP21. Les cadres sont plus divisés sur la hausse de la fiscalité sur le carbone (57%), sur l'interdiction des véhicules diesel dans les grandes agglomérations (52%) ou encore sur la fin des permis d'exploitation pour les hydrocarbures (49%). Ils sont même majoritairement opposés (49% d'opinions défavorables) à l'interdiction de tout véhicule essence et diesel dans toute la France d'ici à 2040, objectif évoqué par Nicolas Hulot dans son plan climat présenté en juillet dernier.

(*) Sondage Viavoice réalisé pour HEC Paris, BFM Business, L’Express et Libération. Interviews effectuées en ligne du 14 au 17 novembre 2017.
Échantillon de 400 personnes, représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine. Représentativité par la méthode des quotas, appliquée aux critères suivants : sexe, âge, statut d’activité (secteur public ou secteur privé).

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J.M.