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Pétrole: l'Iran se réconcilie avec ses anciens ennemis

Le retour de l'Iran sur le marché pétrolier mondial ne devrait pas se faire avant 2014.

Le retour de l'Iran sur le marché pétrolier mondial ne devrait pas se faire avant 2014. - -

L'Iran compte bien revenir dans la course au pétrole, dès la levée des sanctions. Mais l'Opep ne s'attend pas à un changement immédiat, et l'organisation pétrolière n'a pas modifié son plafond de production.

L’Iran sort de son isolement. Depuis l’accord sur le nucléaire, qui permettrait à terme de lever les sanctions économiques, Téhéran a lancé une grande campagne de rapprochement avec ses voisins et ses anciens ennemis.

Retrouver son niveau maximal?

Le ministre iranien du Pétrole a déclaré, en marge du sommet de l’Opep du mercredi 4 novembre, qu’il souhaitait le retour de groupes américains, comme Chevron ou ConocoPhillips. Une surprise quand on sait à quel point les relations entre les deux pays ont été tendues ces trente dernières années.

Les gouvernements occidentaux freinent d’ailleurs les investissements de leurs sociétés en Iran. Mais qu’importe, le gouvernement iranien a annoncé qu’il était "en discussion" avec certaines d’entre elles.

L’Iran compte bien revenir "immédiatement" à sa capacité de production maximale, si la levée des sanctions économiques et de l’embargo pétrolier sont confirmés dans les six mois à venir. Pour le moment, le pays exporte 1,2 million de barils par jour, contre 2,5 millions avant la mise en place des sanctions.

Le plafond de l'Opep inchangé

Mais l’arrivée massive du pétrole iranien sur le marché ne devrait pas se faire tout de suite, estiment les analystes. Il faudrait plusieurs mois à l’Iran pour retrouver son niveau maximum, à cause du besoin en infrastructures.

Pour le moment, l’organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) a donc laissé son plafond de production inchangé, à 30 millions de barils par jour. Ce niveau, en vigueur depuis décembre 2011, doit permettre un maintien des cours autour de 100 dollars le baril, un prix jugé idéal par l'Arabie Saoudite.

Le pays, chef de file de l’Opep, régule les prix du brut en augmentant ou réduisant sa production, et surveille de près Téhéran. Car en cas d’un afflux massif de brut iranien, l’offre sera de loin supérieure à la demande, plombant les cours.

Dans l’ensemble, le cartel pétrolier prévoit que la demande de brut diminue jusqu’en 2017, à cause du pétrole de schiste, avant de se reprendre. L’Agence internationale de l’Energie avait en effet estimé que le boom du pétrole et gaz de schiste ne durerait qu’une dizaine d’années.

A.D.