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Pétrole: le grand retour de l’Iran à l’Opep

La production de pétrole est repartie à la hausse aux Etats-Unis, qui sont de moins en moins dépendants de l'Opep.

La production de pétrole est repartie à la hausse aux Etats-Unis, qui sont de moins en moins dépendants de l'Opep. - -

Les pays membres de l'Opep se réunissent, mercredi 4 décembre pour fixer la production de pétrole de chacun. L'Iran compte bien s'imposer après la levée des sanctions pesant sur son économie, grâce à l'accord sur le nucléaire.

Huit ans plus tard, le ministre iranien du Pétrole retrouvera la table des négociations de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), mercredi 4 décembre. Les ministres des 12 pays membres de l’organisation se réunissent, en effet, à Vienne pour fixer le plafond de production, et l'Iran pourrait bien s'imposer.

L’accord sur le nucléaire du 24 novembre marque le grand retour de Téhéran. Une partie des sanctions qui affectent le pays, et notamment l’embargo pétrolier, doit être levée dans six mois, en échange de l’arrêt d’enrichissement d’uranium et de visites de contrôles de l’ONU.

Un face-à-face Iran-Arabie Saoudite

Pour le moment, l’Iran, pays à majorité chiite, est le deuxième pays producteur de l’Opep, derrière l’Arabie Saoudite, à majorité sunnite. En 2012, l’Iran a produit 3,7 millions de barils par jour, contre 9,7 millions pour l’Arabie Saoudite, selon les chiffres du cartel pétrolier.

A cause de l'embargo, la production et les exportations iraniennes sont plutôt réduites par rapport à la capacité du pays. "Nous n'avons aucune difficulté technique qui nous empêcherait d'augmenter nos exportations (...) mais nous avons des restrictions politiques", avait déclaré le ministre iranien du Pétrole mardi, prévenant que son pays augmentera les exportations dès la levée des sanctions.

Or, l’Opep doit fixer son nouveau plafond de production, et répartir combien chaque pays peut puiser pour assouvir la demande mondiale sans faire chuter les cours du brut. Si l’Iran respecte le jeu avec les pays occidentaux, les cartes vont donc devoir être redistribuées.

30 millions de barils produits par jour

A l’annonce de l’accord fin novembre, les cours du pétrole s’étaient déjà effondrés, les marchés anticipant l’arrivée massive du brut iranien. Toutefois, les spécialistes ne s’attendent pas à une modification immédiate sur plafond de production, qui est de 30 millions de barils par jour depuis 2011.

En début de semaine, l'Arabie Saoudite s'était déjà exprimée en faveur du maintien de ce niveau, tout comme les Emirats Arabes Unis. Le cours du pétrole, qui a oscillé autour de 100 dollars le baril cette année, n’est en effet pas suffisamment bas pour contraindre les pays membres à changer leur production.

Mais le répit ne sera que de courte durée pour l’organisation. "A partir de juin, une réduction (de la production) sera nécessaire", a déclaré un délégué de l'Opep. Reste à savoir quels pays devront arrêter de pomper pour que le baril de brut reste à un prix intéressant pour les producteurs…

A.D.