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"On ne sauvera pas Areva d’un coup de baguette magique"

Philippe Varin reconnaît qu'il y a eu des tensions lors des négociations avec EDF.

Philippe Varin reconnaît qu'il y a eu des tensions lors des négociations avec EDF. - Kenzo Tribouillard - AFP

Le président du conseil de surveillance d'Areva, Philippe Varin, explique dans Les Echos, que l'accord avec EDF constitue une "étape" essentielle dans le redressement du groupe. Maintenant il s'agit de passer de la gestion de crise à un projet de reconquête.

Un accord entre EDF et Areva a été officialisé jeudi, afin de mettre en œuvre le sauvetage du groupe nucellaire. Ce dernier cède la majorité de sa division réacteurs à EDF, qui pourrait lui rapporter 2 milliards d'euros. Philippe Varin, le président d'Areva estime qu'il s'agit d'"une nouvelle étape essentielle. Car au-delà de la vente qui s'engage d'Areva NP (...), nous avons conclu avec EDF des accords commerciaux vitaux pour le groupe", dans un entretien publié dans les Echos de ce 31 juillet.

Mais "on ne sauvera pas Areva d'un coup de baguette magique", prévient le responsable du groupe nucléaire, pour qui "la course d'étapes n'est pas terminée". "Il nous reste à lancer en octobre les procédures sociales de notre plan de compétitivité. Et il faudra enfin décider d'une nécessaire et significative augmentation de capital", détaille M. Varin, qui espère que cette opération sera décidée "d'ici à la mi-novembre".

Des besoins de financements estimé à 3,4 milliards

"De 2015 à 2017, il nous reste à trouver autour de 3,4 milliards d'euros sur des besoins de refinancement estimés à 7 milliards, et au-delà Areva devra pouvoir refinancer l'ensemble de ses besoins à moyen terme", ajoute-t-il.

Areva, recentré sur le cycle du combustible, verra sa taille divisée par deux: il emploiera environ 20.000 personnes (contre 44.000 précédemment) et représentera un chiffre d'affaires de l'ordre de 4 milliards d'euros (contre un peu plus de 8 milliards en 2014).

Interrogé sur les négociations menées ces dernières semaines avec EDF, M. Varin reconnaît "des tensions". "Quand il n'y a qu'un acheteur et que le vendeur ne peut pas se passer de l'opération, les négociations sont forcément difficiles", assure le président d'Areva, qui estime qu'il "faut prendre le temps de construire une nouvelle relation". "Areva et la filière nucléaire française ne peuvent pas se développer si les relations entre nos deux groupes ne sont pas assainies", conclut-il.