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Nucléaire: les engagements de Hollande seront "respectés" selon l'Elysée

Anne Lauvergon, ancienne président du groupe nucléaire français Areva, est la président de la commission Innovation 2030.

Anne Lauvergon, ancienne président du groupe nucléaire français Areva, est la président de la commission Innovation 2030. - -

La France ne pourra pas réduire sa part de nucléaire conformément aux objectifs fixés par François Hollande, a estimé Anne Lauvergeon, ce 3 décembre. Une nouvelle que dément l'entourage du chef de l'Etat.

Les engagements de François Hollande sur le nucléaire "seront bien évidemment respectés". L'Elysée tente de calmer le jeu après les déclarations d'Anne Lauvergeon, ce mardi 3 décembre, sur France Inter.

L’ancienne présidente d’Areva avait annoncé qu’il ne serait probablement pas possible de réduire la part de nucléaire dans la production électrique française à 50% d’ici 2025, ce qui était l’une des promesses de campagne de François Hollande.

"On ne peut pas se permettre de passer de 75% d'énergie nucléaire à 50% d'ici 2025, comme il a été annoncé (…) Cela poserait un problème grave. Cela voudrait dire arrêter une vingtaine de réacteurs. Je ne pense pas que cela soit réaliste aujourd'hui sur le plan économique et pratique", a-t-elle expliqué.

Selon elle, le gouvernement aurait déjà renoncé à l’objectif, même si rien n’a été annoncé. "Je crois que la date a été plus ou moins renvoyée à plus tard", a annoncé la présidente de la commission "Innovation 2030".

Une industrie du passé?

Un avis que partage le député socialiste Jean-Yves Le Déaut. "Sans rupture technologique et sans travail, on pense au niveau du Parlement (...) qu'on risque de ne pas y arriver" a déclaré l'élu de Meurthe-et-Moselle, ce mardi.

Selon ce membre de l'Office parlementaire d'évaluation scientifique et technologique, "la transition énergétique ne pourra se faire que grâce à l'énergie nucléaire".

De son côté, le député écologiste Denis Baupin estime, dans un communiqué publié avant la réaction de l'Elysée, que ces propos reviennent à privilégier "les industries du passé".

Pour lui "déclarer qu'il est impossible de passer à 50% de nucléaire en 2025 montre une bien faible confiance en la capacité d'innovation des énergéticiens français" et "une faible connaissance des mutations énergétiques en oeuvre chez nos voisins".

"Faire un inventaire" sur les gaz de schiste

Anne Lauvergeon a aussi plaidé en faveur de la recherche sur les gaz de schiste, contre l’avis du gouvernement: "faire un inventaire me paraîtrait intelligent". "Je crois que nous aurions intérêt à exploiter du gaz non conventionnel de façon écologique, plutôt que de recourir au charbon", a-t-elle poursuivit.

Le débat sur le gaz de schiste a été rouvert la semaine dernière, après la parution de deux rapports favorables à l’exploration des réserves françaises, un par l’Académie des sciences et l’autre par un office parlementaire. Tous deux souhaitent développer la recherche sur des techniques alternatives à la fracturation hydraulique.

A.D. avec AFP