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Nouveau casse-tête pour la présidence de Suez

Le président de Suez, Gérard Mestrallet, quittera ses fonctions en mai prochain.

Le président de Suez, Gérard Mestrallet, quittera ses fonctions en mai prochain. - ERIC PIERMONT / AFP

Le premier actionnaire, Engie, veut imposer un président extérieur à l’entreprise. Une manière de prendre du recul en douceur.

« C’est reparti pour un nouvel épisode de Dallas ! » : ce dirigeant préfère rire des manœuvres politiques pour le choix d’un nouveau président chez Suez. Mais après six mois d’une intense bataille interne pour choisir un directeur général, ce « remake » pour la présidence lasse les salariés du spécialiste de l’environnement.

D’ici l’assemblée générale du 14 mai prochain, un nouveau président non-exécutif doit être trouvé pour succéder à l’inoxydable Gérard Mestrallet, atteint par limite d’âge de 70 ans qu’il dépassera le 1er avril (Il continuera toutefois à siéger au conseil d’administration de Suez pendant un an). Le directeur général sortant, Jean-Louis Chaussade, souhaite occuper la place que son ami de vingt ans Gérard Mestrallet lui avait promise. Mais c’est sans compter l’opposition farouche de leur premier actionnaire, Engie. Sa directrice générale, Isabelle Kocher, ainsi que le président Jean-Pierre Clamadieu ont, selon plusieurs sources, signifié à Jean-Louis Chaussade qu’ils ne souhaitaient pas le voir présider le groupe qu’il dirige depuis douze ans.

Engie ne veut plus présider Suez

Après avoir un temps hésité, ils ont aussi refusé d’y envoyer le secrétaire général d’Engie, Pierre Mongin. Preuve que l’énergéticien ne veut plus de bras armé chez Suez. Une première depuis la filialisation du groupe en 2008. Engie cherche en réalité à prendre ses distances avec Suez. « Engie prépare les esprits à son retrait progressif », assure un dirigeant de l’entreprise. « Il faut qu’on clarifie notre position » reconnait un cadre d’Engie.

Après avoir tenté de faire émerger sa candidature, Guillaume Pepy semble hors-jeu. Le président de la SNCF, siège déjà chez Suez, a encore une année de mandat à la tête de l’entreprise publique. Et Engie souhaite un président totalement extérieur pour renouveler la gouvernance de Suez. Plusieurs grands noms ont été contactés comme l’ancien patron d’Axa, Henri de Castries, qu’Isabelle Kocher a côtoyé quand elle était administratrice de l’assureur. Le PDG d’Accor, Sébastien Bazin, a aussi été approché. Mais les deux ont décliné.

Le bon profil d’Anne-Marie Idrac

Selon plusieurs sources, c’est désormais Anne-Marie Idrac, ancienne patronne de la SNCF et de la RATP et ex-ministre du Commerce extérieur, qui tient la corde. Elle a le mérite d’être à la fois externe et bonne connaisseuse de Suez pour en être conseillère sur l’international. Ce qui lui a notamment valu de travailler avec Bertrand Camus qui deviendra directeur général dans trois mois. Un gage de réussite pour le duo qu’elle pourrait former avec lui. Elle a aussi l’avantage de bien connaitre le pouvoir en place.

Face à la complexité de cette « recherche présidentielle », certains croient à une sorte de statu quo. Le directeur général Jean-Louis Chaussade pourrait ainsi rempiler une année de plus, même si cette option ne plaît pas à son actionnaire, Engie. « Nous avons 32% du capital et sommes majoritaire en assemblée générale, note un de ses dirigeants. C’est nous qui choisissons les nouveaux administrateurs à nommer ». Suite au prochain épisode.