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Les performances environnementales des plastiques

Les objets en plastique utilisés partout dans le monde : ici, à Kampala, en Ouganda.

Les objets en plastique utilisés partout dans le monde : ici, à Kampala, en Ouganda. - Zylberman Laurent / Total

Les plastiques souffrent souvent d’une image négative auprès des défenseurs de l’environnement. En fait, par leur légèreté et leur malléabilité, ils participent au développement durable. Les bioplastiques sont en outre un secteur en développement.

Pour connaître l'impact environnemental d'un produit, il faut étudier son ACV (analyse de cycle de vie), qui prend en compte toute la vie de l'objet: fabrication, transport, élimination comme déchet… Or, l'ACV des plastiques montre que ceux-ci génèrent une masse de déchets moindre en raison de leur légèreté. Ils peuvent être recyclés et devenir source d'énergie, grâce à l'incinération et à la valorisation énergétique.

Les bénéfices de la légèreté

La légèreté des plastiques a des effets induits positifs dans de nombreux secteurs. Dans l’automobile, elle permet d’alléger le poids moyen des véhicules de 200 kilogrammes.

Selon un rapport de PlasticsEurope (1), cette réduction permet d'économiser 500 litres de carburant pendant la durée de vie de la voiture. Le principe est le même dans la fabrication des avions. Trois grands secteurs du développement durable au moins ont besoin de matières plastiques: l’isolation des maisons, la construction d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques.

Une idée souvent avancée est que pour protéger la planète, mieux vaut une bouteille en verre qu'en plastique. Or les emballages en plastique sont plus légers que ceux en verre, ce qui diminue le coût de transport, mais aussi la masse de déchets.

En outre, les bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) peuvent être recyclées, tout comme celles en verre: grâce à elles, il est par exemple possible de fabriquer de la fibre polaire. Une étude a montré que si l'on compare l'ACV de différents emballages, l'empreinte environnementale de la bouteille en PET est inférieure à celle du verre et de l'aluminium (2).

Sans oublier que si les matières plastiques ne s’étaient pas développées de façon ininterrompue depuis 50 ans, des matériaux comme le verre ou des ressources comme le bois ou les minerais seraient aujourd’hui très amoindries, voire épuisées.

Le recyclage et l’incinération

Deux méthodes principales permettent d’éviter la pire des solutions, celle qui consiste à jeter l’objet usagé dans des décharges ou directement dans la nature:

le recyclage: nettoyés, séchés, broyés, les produits plastiques repartent en granulés ou en poudre vers les usines de fabrication où ils sont mixés avec du plastique neuf. À ce traitement mécanique, peuvent s’ajouter des traitements thermo-chimiques permettant de récupérer certains éléments constitutifs.

la valorisation énergétique: l’opération se fait généralement dans les incinérateurs municipaux, où le plastique sert de combustible pour les autres déchets ménagers et peut contribuer au chauffage domestique. Un combustible solide dérivé des déchets peut alimenter des cimenteries, des papeteries, ou des centrales de co-génération d’électricité et de chaleur .

Selon PlasticsEurope, près de 25 millions de tonnes de produits plastiques sont arrivés en fin de vie en 2007 en Europe. La moitié ont fini à la décharge, la moitié ont été recyclés (20%) ou incinérés (30%).

Les bioplastiques, un secteur en développement

  • Historiquement, les premiers polymères provenaient de la cellulose, de la caséine du lait, ou du latex d'hévéa, et non du pétrole. Aujourd'hui, les polymères végétaux entrent dans la composition de sacs et d'emballages: ce sont les nouveaux bioplastiques (3), qui utilisent par exemple l'amidon du maïs ou de la pomme de terre. L'amidon sert de base à la fabrication des acides poly-lactiques (PLA), des polyesters intéressants pour la synthèse de plastiques.
  • Ces plastiques contiennent au moins 40% de végétaux. Notons qu’il ne faut pas confondre bioplastique et biodégradable: biodégradable signifie que le matériau peut être dégradé par des micro-organismes, pas qu'il contient des matières végétales.

La proportion des bioplastiques devrait être multipliée par 5 à 7 d’ici 2020

S'ils ne représentent que 0,4% du marché des plastiques en 2010, les bioplastiques devraient voir leur proportion multipliée par 5 à 7 en 2020. Ces matériaux permettent de s'affranchir de ressources fossiles, de limiter l'émission de gaz à effet de serre, de répondre à une attente des consommateurs qui réclament des produits écologiquement responsables.

Cependant, les bioplastiques utilisent des surfaces agricoles en compétition avec les cultures alimentaires, ce qui pose aussi des questions d'ordre économique et éthique. 

Sources :

(1) Plastics Europe

(2) PETRA

(3) European bioplastics / ADEME 

Yves Cappelaire