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Le premier hélicoptère français 100% électrique a pris son envol

Baptisé "Volta", ce petit aéronef a effectué, mercredi 19 octobre, son premier vol piloté de démonstration sur l’héliport de Paris à Issy-les-Moulineaux.

Après les voitures électriques Tesla, place à l'hélicoptère électrique Volta. Une invention française qui, comme la marque automobile de l'Américain Elon Musk, rend hommage à un célèbre physicien connu pour ses travaux sur l'électricité. 

Cet hélicoptère électrique, au design un peu désuet, est basé sur un projet initié au milieu des années 1990 par Philippe Antoine. Époque où le concepteur du Volta a mis au point avec l'ESSTIN, une école d'ingénieur, le Microcopter MC1, un mini-hélicoptère de loisirs doté d'un moteur thermique. À la suite d'un premier vol, réalisé en 2004, le projet a été "mis en sommeil en raison d'une motorisation à deux temps" jugée "trop instable". 

Constatant les prémices de la "mobilité durable" avec l'apparition des premiers véhicules électriques, Philippe Antoine, disposant d'un appareil volant suffisamment abouti a décidé, début 2010, de procéder à d'importantes modifications afin d'électrifier sa machine. Pour y parvenir, l'ingénieur et ses associés se sont rapprochés de l'École nationale de l'aviation civile (Enac) et réinvestissent une partie des bénéfices réalisés par leur petite entreprise, Aquinea, un pisciniste installé à Pompertuzat (Haute-Garonne)

15 minutes d'autonomie en vol

Présenté par le ministère de l’Écologie comme une "première européenne", l’hélicoptère Volta est équipé d’un système de batteries, d’une puissance de 80 kilowatts (kW), exclusivement développé pour ce projet. Ce qui assure à cet appareil une autonomie énergétique de 15 minutes en vol stationnaire.

Vue de l'arrière de l'appareil et de ses batteries.
Vue de l'arrière de l'appareil et de ses batteries. © Antonin Moriscot - BFM Business

Cette autonomie "record, au-delà des trois minutes atteintes par les prototypes actuels" différencie cet hélicoptère électrique -équipé d'un seul rotor à pas variable et d'un rotor auxiliaire situé à l'arrière de l'appareil- "des autres appareils expérimentaux", assurent ses concepteurs.

Ces derniers soulignent également qu'avec une durée de vie de 350 heures, la batterie du Volta, d'un poids de 150 kilogrammes permet d'économiser jusqu'à 17.000 litres de carburant. Ce qui représente l'économie de 11 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) et de 22 kilogrammes d'oxyde d'azote. 

L'hélicoptère Volta 2 en cours de développement

Lors de son premier vol de démonstration, le petit appareil a évolué à quelques mètres du sol, permettant aux personnes présentes sur l'héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux de constater que, contrairement à une Tesla, le Volta est loin d'être silencieux. Un point sur lequel promettent de travailler, dans le futur, Philippe Antoine et Stéphane Conversy, l'enseignant-chercheur supervisant le projet du côté de l'Enac.

Vue du cockpit de l'hélicoptère électrique Volta
Vue du cockpit de l'hélicoptère électrique Volta © Antonin Moriscot - BFM Business

Les deux hommes confient qu'ils planchent déjà sur Volta 2, "un appareil biplace dédié à la formation des pilotes et au vol de loisirs", plus puissant et donc bénéficiant d'une plus grande autonomie (une trentaine de minutes). À terme, ils n'excluent pas de lui faire intégrer le trafic aérien dans "des conditions d'utilisation commerciales". 

Présent lors de ce vol inaugural présidé par Ségolène Royal, le directeur de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), Patrick Gandil a, pour sa part, annoncé la création au sein de l'Enac d'une "nouvelle filière de formation tournée vers les nouveaux modes de motorisation et les nouvelles énergies pour l'aviation". Avec le Volta "on a fait un pas supplémentaire, car il n'y a pas de technologie plus exigeante en termes d'énergie embarquée" que l'hélicoptère a-t-il ajouté.

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV