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Le Mexique privatise son marché du pétrole

Le marché du pétrole mexicain aiguise les appétits des majors, mais elles craignent de ne pas en retirer de bénéfices à long terme.

Le marché du pétrole mexicain aiguise les appétits des majors, mais elles craignent de ne pas en retirer de bénéfices à long terme. - Flcelloguy - Wikimedia - CC

Le pays sud-américain, sixième producteur mondial de pétrole, a ouvert son secteur pétrolier aux compagnies étrangères. Ces dernières sont sur la brèche, mais, échaudées, elles avancent prudemment.

Au Mexique, pour la première fois depuis 76 ans, les compagnies pétrolières vont pouvoir revenir investir. Une loi a été adoptée au Parlement lundi 11 août pour ouvrir le secteur des hydrocarbures aux investisseurs étrangers. Les grandes compagnies n'attendaient que cela, même si elles avancent avec prudence.

Pour les autorités, ce décret renferme la promesse de nouvelles ressources. D'autant que la compagnie nationale, Pemex, qui exploite seule les puits du pays, assure 40% des revenus de l'Etat. La nouvelle loi lui permettrait de s'associer à des compagnies privées pour aller exploiter en eaux profondes dans le Golfe du Mexique. Des forages qui nécessitent de lourds investissements que Pemex ne peut assumer.

3,5 millions de barils par jour

Les grandes compagnies pétrolières évidemment sont aux aguets. Le Mexique est le sixième producteur mondial de pétrole. Sa production a chuté mais, d'après Mexico, elle serait susceptible, avec l'apport du privé, de produire à terme 3,5 millions de barils par jour.

Néanmoins, les grandes majors du secteur approchent sur la pointe des pieds. Elles attendent de connaître très précisément les termes précis du contrat avant d'investir des millions de dollars. Quels bénéfices peuvent-elles réellement en tirer? Quels impôts auront-ils exactement à payer? Peuvent-ils espérer s'inscrire dans la durée? L'expropriation par Hugo Chavez au Venezuela de plusieurs grands groupes, il y a quelques années, a laissé des traces.

Guillaume Paul