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Le béton aspirateur de pollution va-t-il s'imposer dans les villes?

Chaque année, en France, la pollution génère un coût évalué à 100 milliards d'euros, mais également un impact non-négligeable sur la santé des citoyens. Pour en réduire les effets, des entreprises du BTP ont trouvé une solution.

Les villes sont souvent accusées de bétonner, au détriment des enjeux écologiques, leurs derniers poumons verts. Et si le béton, permettait aux citadins de mieux respirer. C’est le pari fait par plusieurs entreprises du BTP, qui tentent de calquer leurs technologies sur le principe de la photosynthèse des plantes. Habituellement, dans la nature, les végétaux absorbent du dioxyde de carbone (CO2) et rejettent de l’oxygène.

Ici, l’idée est que le pavage agisse comme un filtre. La société espagnole PVT, vient donc de développer une gamme complète de dallages urbains utilisant ce principe. Baptisée "Ecorganic", ce nouveau matériau a pour mission d’absorber les particules fines présentes dans l’air pollué et de restituer, au contact du soleil, du sel… et de l’eau !

Le principe appliqué aux dalles "Ecorganic" est comparable à la photosynthèse des plantes.
Le principe appliqué aux dalles "Ecorganic" est comparable à la photosynthèse des plantes. © PVT

Le tout étant rendu possible par l’intégration dans la couche supérieure du béton d’une molécule spéciale. L’entreprise promet qu’à 1,50 mètres du sol, plus de 80% de la pollution est ainsi supprimée. Séduites par ces prouesses technologiques, plusieurs villes françaises testent actuellement ces nouveaux matériaux de construction. Toulouse, Grenoble ou encore la ville la plus polluée de France, Marseille, se sont laissées convaincre.

Du ciment "anti-pollution" pour l'Expo universelle de Milan

Reprenant ce principe, le béton "dépolluant" connaît également un succès grandissant autour de la planète. A Mexico (Mexique), une résille de ciment biodynamique est venue habiller les 2.500 mètres carrés de la façade de l'hôpital Manuel Gea Gonzàlez. De quoi absorber, selon ses concepteurs, les effets polluants d'un millier de véhicules.

Dans le cadre de l'Exposition universelle de Milan (Italie), qui se tient jusqu'au 31 octobre 2015, l'architecte Michele Molè a également repris cette technique à son compte. Concepteur du pavillon italien, il a travaillé avec la firme Italcimenti pour parer son bâtiment d'un ciment composé d'agrégats recyclés et aux facultés dépolluantes. Au contact de la lumière, et grâce à ses propriété photocatalytiques, ce béton capture la pollution pour la convertir en sels inertes. La firme transalpine a d'ailleurs déposé de nombreux brevets et entend commercialiser prochainement ce produit.

Antonin Moriscot avec Anthony Morel