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La Cour des Comptes veut des aides publiques pour de nouveaux réacteurs nucléaires

La garantie de l’Etat sera indispensable pour permettre la construction de nouveaux EPR. Des prix de vente garantis comme il en existe pour le projet britannique d’Hinkley Point sont aussi une solution préconisée.

EDF n'a plus les moyens de relancer seul un parc nucléaire en France. Dans un rapport publié sur la filière des réacteurs EPR, la Cour des Comptes alerte le gouvernement sur la situation financière très critique de l'électricien. Les chantiers pharaoniques des EPR de Flamanville et d'Hinkley Point en Grande-Bretagne coûtent trop cher pour qu'EDF assume seul d’autres projets. Flamanville a déjà coûté 11 milliards d’euros et la facture du chantier britannique atteint déjà 25 milliards d’euros pour deux réacteurs. Il est assumé par EDF qui n’a plus de marges de manœuvres financières. Son PDG, Jean-Bernard Levy, a plusieurs fois répété qu’EDF ne financera plus seul de projets nucléaires. Des investisseurs devront être trouvés.

Le groupe prévoit de construire six nouveaux EPR en France d’ici 2035. La Cour des Comptes estime qu’EDF "n’a plus les moyens de les financer seul", a expliqué son président Pierre Moscovici. "Aucun projet ne pourra se faire sans garantie publique". Le soutien de l’Etat français en dernier recours sera indispensable pour attirer des investisseurs dans le cadre du financement de ces six EPR dont le coût est estimé par EDF à… 46 milliards d’euros.

Hinkley Point en vitrine 

Mais l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande a même été plus loin. Il juge qu’en plus de garantir la construction des chantiers, l'Etat devra aussi mettre en place un cadre qui permette de délivrer une rentabilité pendant les 40 ans minimum de l'exploitation des réacteurs. Toujours afin de convaincre des investisseurs de participer à ces projets pharaoniques. Le cas d’Hinkley Point est pris en exemple. Au Royaume-Uni, EDF a décroché un prix de vente de l’électricité garanti de 100 euros par mégawattheure pendant 35 ans avec le gouvernement britannique.

"Cette modalité de financement peut être calquée en France", a expliqué Pierre Moscovici. "Elle peut faire réfléchir ou inspirer pour mettre en place une rente à venir". EDF fait d’ailleurs du chantier d’Hinkley Point, et de son modèle de financement, une vitrine à reproduire en France. Le prix garanti est le seul moyen de permettre à EDF de trouver des investisseurs et faire émerger de nouveaux réacteurs nucléaires en France.