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La Chine, empire des énergies renouvelables

La Chine met l'accent sur les énergies renouvelables et le solaire en particulier selon le dernier RECAI

La Chine met l'accent sur les énergies renouvelables et le solaire en particulier selon le dernier RECAI - DR

Le RECAI*, index établi par Ersnt&Young qui classe 40 marchés d'énergies renouvelables en fonction de leur attractivité aux yeux des investisseurs étrangers, vient de rendre son verdict pour 2014. Il consacre la Chine comme marché leader.

La lutte contre les nuisances permet à la Chine de retrouver sa première place.

Au moment où le pays doit faire face à de fortes pollutions, le gouvernement chinois met l’accent sur le développement des greentechs, ouvrant de fait la voie à de nouvelles opportunités de marché pour les investisseurs étrangers.

La politique ambitieuse liée aux émissions carbone crée un environnement particulièrement favorable au développement des énergies renouvelables, en les plaçant dans une perspective stratégique à l’échelle du pays.

Les blocages et les incertitudes politiques aux États-Unis ne créent pas le climat de confiance nécessaire aux investisseurs et renvoient le pays à la deuxième place. Les opportunités d'investissements restent cependant importantes.

D’autres pays émergents en pointe

Il n’y a aucune homogénéité en Europe, chaque pays ayant ses propres politiques de subvention ou de soutien au développement des énergies renouvelables. Seule l’Allemagne conserve une honorable 3e place, au moment où France, Royaume-Uni (7e) et Italie (14e) concèdent un recul.

Le rapport met en évidence le fait que l'Europe se trouve à un moment charnière, en s'efforçant de devenir un leader mondial, mais devant faire face à des capacités d'infrastructure et d'approvisionnement tendues.

Les pays émergents font une percée remarquable, avec notamment l’Inde qui passe à la 6e place, ou le Brésil à la 9e.

D’après Alexis Gazzo, en charge des énergies renouvelables au sein du département environnement et développement durable d'EY en France, "les mouvements significatifs dans notre index renforcent l'idée séduisante que les perspectives dans le secteur des énergies renouvelables ne sont plus du seul ressort des marchés matures, mais sont véritablement mondiales. Ce déplacement de centre de gravité va conduire les entreprises et les gouvernements à revoir leur stratégie énergétique pour s'assurer un avantage concurrentiel à long terme".

Des modèles de financement en mutation

Qu’on l‘appelle crowd-funding ou finance participative, la tendance, que ce soit pour les pays développés ou émergents, est au local.

Ben Warren, Global Cleantech Transactions Leader chez EY précise : "Loin de relever de la seule “conscience sociale” des investisseurs, la finance participative devient une vraie source d'investissement qui a un rôle majeur à jouer dans l'élaboration et le financement de notre futur bouquet énergétique".

Les investissements suivent la démocratisation de l’énergie

Alexis Gazzo de conclure :" Les consommateurs, les propriétaires de maison, commerces ou entreprises, souhaitent de plus en plus avoir le contrôle de leur approvisionnement et consommation en énergies “propres”. Au-delà de ce constat de démocratisation de l'énergie, cela signifie que d'importants volumes de capitaux vont se déplacer là où ils sont le plus nécessaires".

* Renewable Energy Country Attractiveness Index conduit par EY (ex Ernst & Young)

>> Découvrir le rapport en détail (en anglais)

Yves Cappelaire