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L'Union européenne part en lutte contre les déchets électroniques qui partent dans la nature

L'Union européenne veut mettre fin à la disparition des deux tiers des déchets électroniques. (photo d'illustration)

L'Union européenne veut mettre fin à la disparition des deux tiers des déchets électroniques. (photo d'illustration) - Cesar Manso - AFP

C'est au siège d'Interpol, à Lyon, que l'Union européenne a décidé de réunir jeudi 25 juin les acteurs œuvrant dans le recyclage des déchets électriques et électroniques. Objectif affiché : renforcer la lutte contre le trafic illégal de leurs composants.

Mais où passent les deux tiers des déchets électroniques de l’Union européenne ? Devant un parterre composé d’organismes nationaux de collecte et de recyclage, de responsables d’autorités policières et douanières, d’ONG, de fabricants, les travaux issus du projet européen CWIT (Countering WEEE illegal trade) ont apporté des éléments de réponse. Ainsi, en 2012, sur un volume de déchets électroniques – ordinateurs, téléphones portables, écrans – estimé à 9,3 millions de tonnes, seulement 3,3 millions de tonnes ont été collectées et traitées par les filières réglementées de dépollution.

La différence de volume, non-collectée par la filière réglementée, est en partie mélangée avec des déchets ménagers classiques, ce qui en rend le traitement difficile et non-conforme avec les exigences environnementales. Ou alors ils se retrouvent exportés illégalement vers l’Afrique ou l’Asie.

L’Union européenne estime à environ 10% le volume de déchets qui transiterait vers ces destinations, où ils sont abandonnés dans des décharges à ciel ouvert après avoir été dépouillés des métaux précieux qu'ils contiennent. Des pratiques qui violent la convention de Bâle : celle-ci interdisant le commerce à l'international de déchets dangereux. 

Le contrôle et la surveillance des filières de recyclage amplifié

Ces dernières années, l'Union européenne a déjà renforcé la réglementation sur les déchets, en augmentant les taux de collecte (80% d'ici 2019) afin d'obliger les pays à mieux contrôler ce que deviennent les appareils électroniques usagés.

Dans le cadre du projet CWIT, les réflexions menées vont plus loin. Elles portent sur le contrôle de la filière en amont, au niveau des centres de traitement, afin de s'assurer que les déchets y sont traités selon la réglementation en vigueur, et sur le renforcement de la surveillance des frontières pour éviter ces exportations illégales. 

En 2013, l'opération "Enigma", menée par Interpolavait permis la saisie de 240 tonnes de matériels usagés et la poursuite pénale d'une quarantaine d'entreprises impliquées dans ce type d'exportations illégales à destination de la Chine. 

A.M. avec AFP