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L'Anses juge "très faible" la nocivité des compteurs Linky et Gazpar

Les compteurs "intelligents" Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz ne seraient pas nocifs selon l'Anses (image d'illustration)

Les compteurs "intelligents" Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz ne seraient pas nocifs selon l'Anses (image d'illustration) - Enedis - GrDF - Montage BFM Business

À la demande du ministère de la Santé, une nouvelle étude a été réalisée afin d'évaluer l'étendue des risques sanitaires que pourraient provoquer l'utilisation des compteurs Linky et Gazpar, sujets à controverses.

La probabilité que les compteurs "intelligents", comme Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz, puissent avoir des effets nocifs pour la santé à court ou à long terme est "très faible" estime l'Anses.

"Les conclusions de l'agence, dans la configuration de déploiement actuelle (...) vont dans le sens d'une très faible probabilité que l'exposition aux champs électromagnétiques émis (...) puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme", écrit l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dans cet avis daté du 5 décembre 2016. Elle relève cependant qu'"il n'existe pratiquement aucune littérature scientifique traitant des effets sanitaires spécifiques de l'exposition aux compteurs communicants".

Ces compteurs dits "intelligents" permettent de relever à distance et en direct la consommation d'électricité, de gaz ou d'eau d'un abonné. Leurs détracteurs redoutent des risques sanitaires, un surcoût, une intrusion dans leur vie privée et l'utilisation de données personnelles.

Quid de l'exposition aux champs électromagnétiques ? 

L'Anses avait été chargée par la Direction générale de la santé de conduire une expertise sur les effets sanitaires potentiels de l'exposition aux champs électromagnétiques émis par ces différents compteurs. Selon l'Agence, que ce soit en champ électrique ou magnétique, les compteurs Linky "sont à l'origine d'une exposition comparable à celle d'autres équipements électriques" comme une télévision, un chargeur d'ordinateur portable ou encore une table de cuisson à induction. 

Les niveaux d'exposition au champ électromagnétique produit par le compteur lui-même et par la communication des informations sur la consommation, de façon filaire via le réseau de distribution d'électricité, "sont très inférieurs aux valeurs limites d'exposition réglementaires", souligne l'Anses dans un communiqué.

Les compteurs Linky produisent aussi sur le réseau domestique des courants transitoires à haute fréquence. "Il n'existe aucune donnée" suggérant qu'ils puissent affecter la santé aux niveaux d'exposition mesurés, indique l'Anses.

Une exposition "bien plus faible que celle due à un GSM"

Quant à la proximité d'un compteur de gaz ou d'eau, qui communiquent les données par liaison radio sans fil, elle est "très faible", "bien plus faible que celle due à un téléphone mobile GSM", affirme l'agence. Un fait qui s'explique par "la faible puissance d'émission" et par le "nombre réduit de communications" d'informations.

L'Anses engage cependant "les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une meilleure information du public quant à leurs modalités de fonctionnement actuel et futur".

Fin septembre, des mesures réalisées par l'Agence nationale des fréquences (ANFR) avaient indiqué que les compteurs Linky n'émettaient pas de champ électromagnétique plus élevé que les anciens compteurs.

Le déploiement progressif des compteurs intelligents à déjà commencé

L'installations des compteurs Linky dans les foyers français a débuté le 1er décembre 2015. Selon Enedis (ex-ErDF), le gestionnaire du réseau électrique français, un peu plus de 870.000 boîtiers avaient été déployés fin mai. À terme, ce compteur à la couleur acidulée équipera 35 millions de foyers.

Les compteurs Gazpar, déployés depuis août 2015 par GrDF, la filiale d'Engie (ex-GDF Suez) en charge du réseau de distribution de gaz naturel, doivent équiper d'ici à 2022 environ 11 millions de foyers.

La "télé-relève" des compteurs Linky est effectuée en principe une fois par jour, en moins d'une minute. Les compteurs Gazpar et les compteurs d'eau transmettent les informations de consommation deux à six fois par jour, en moins d'une seconde.

A.M. avec AFP