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L'Allemagne va mettre en sommeil ses centrales à charbon

L'Allemagne est un pays producteur de charbon. (image d'illustration)

L'Allemagne est un pays producteur de charbon. (image d'illustration) - Jason Hickey - Flick - CC

Le gouvernement allemand poursuit ses efforts de réduction de ses émissions de dioxyde de carbone. A l'horizon 2020, les plus vieillissantes centrales à charbon du pays seront mises à l'arrêt.

Après s’être privé d’énergie nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima (Japon) en 2011, l’Allemagne s’apprête à se passer d’une autre source d’énergie : le charbon. La coalition gouvernementale a annoncé, ce 2 juillet, son intention de se passer de ses plus vieilles centrales à charbon d’ici à 2020. Cette solution a été préférée à une proposition de Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l’Economie, qui aurait préféré taxer ces installations vieillissantes.

Interrogé par la télévision allemande, ce même ministre a insisté sur le fait que ces centrales ne devraient pas fonctionner au ralenti mais "être vraiment arrêtées", servant juste de réserve en cas de besoin.

Une filière importante pour le pays 

En Allemagne, les politiques ont du mal à se résoudre à la disparition de ce combustible, notamment car les grands groupes d'énergie allemands sont en difficulté. Mais également car le charbon reste la première source d'électricité du pays et représente 45% de la production brute d'énergie. Cette ressource permet également au pays d'employer plus de 33.000 personnes dans cette filière et de faire vivre des régions, sans grande perspective de reconversion, comme le bassin de la Ruhr ou encore la Lusace, qui se situe à la frontière polonaise. 

Une indemnisation des compagnies électriques 

Dès la décision du gouvernement annoncée, l'ONG Greenpeace s'est exprimée en accusant la chancelière Angela Merkel de "renier ses promesses". En juin dernier, à l'issue du sommet du G7 à Elmau (Allemagne), elle avait réussi à obtenir des pays participants un accord mettant en route la "décarbonisation" des économies. "Au lieu d'entamer la sortie du charbon, la chancelière réalise tous les rêves des opérateurs des centrales : ils doivent moins réduire leurs émissions et reçoivent en plus des milliards d'euros" a critiqué Tobias Münchmeyer, spécialiste énergie pour Greenpeace.

L'Etat allemand s'est en effet engagé à dédommager les compagnies concernées pour compenser le manque d'exploitation engendré par cette mesure. 

A.M. avec AFP