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L’Afrique du Sud freine sur le nucléaire

La centrale de Koeberg est la seule centrale nucléaire d'Afrique du Sud.

La centrale de Koeberg est la seule centrale nucléaire d'Afrique du Sud. - -

Le gouvernement sud-africain a publié, mercredi 4 décembre, son plan énergétique jusqu'en 2030. Celui-ci prévoit de réduire les investissements dans le nucléaire au profit des énergies renouvelables.

L’Afrique du Sud est plutôt hésitante sur le nucléaire. Johannesburg pourrait préférer développer les énergies renouvelables, importer du courant des grands barrages hydroélectriques voisins et explorer ses réserves en gaz de schiste, selon le plan énergétique du gouvernement. 

Le ministère de l’Energie a publié ses prévisions jusqu’en 2030, mercredi 4 novembre. Ce plan, qui doit être officiellement approuvé le 7 février prochain, explique que "la décision en matière nucléaire peut être reportée".

Le seul réacteur nucléaire du continent

L’Afrique du Sud devait à l’origine construire six nouveaux réacteurs nucléaires entre 2023 et 2030. Avec une puissance de 9.600 mégawatts, ils devraient permettre au pays de faire face à une crise énergétique latente.

Le groupe public Eskom, qui fournit 95% de l’électricité dans le pays, avait déclaré un état d’urgence en novembre, demandant aux industries de réduire leur consommation de 10%.

Ce jeudi 5 novembre, le directeur général d'Eskom a par ailleurs annoncé sa démission, officiellement pour raisons personnelles. Le dirigeant, qui a lancé un vaste programme d'investissements après les coupures de 2008, restera en poste jusqu'au 31 mars 2014.

Des options de rechange

Pour le moment, l’Afrique du Sud ne possède qu’une centrale nucléaire, la seule du continent africain. Construite en 1976 par Framatome et située à une trentaine de kilomètres au nord du Cap, la centrale de Koeberg est exploitée par Eskom. 

Mais le nucléaire ne semble plus être la piste privilégiée pour assurer l’approvisionnement électrique. "Il y a des options de rechange, comme l'hydroélectricité régionale, qui peuvent répondre aux besoins et permettre de continuer les explorations du potentiel en gaz de schiste" estime le plan du ministère.

Johannesburg pourrait ainsi importer de l’électricité des grands barrages voisins, comme ceux de l’ensemble Inga sur le fleuve Congo, ou celui de Cahora Bassa au Mozambique. La centrale en construction sur le barrage d’Itezhi-Tezhi en Zambie devrait également permettre d’assurer l'approvisionnement de la région.

Selon le document, l’évolution de la demande rendrait "redondante" la technologie nucléaire face aux autres sources d’énergie. Par rapport à la première version du plan énergétique, parue en 2010, la demande d’ici 2030 a été revue à la baisse, de 67.800 à 61.200 mégawatts.

A.D. avec agences