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Intégrer l'automobile électrique aux smart-grids

Le secteur de l'automobile se penche sérieusement sur la configuration des véhicules des prochaines années

Le secteur de l'automobile se penche sérieusement sur la configuration des véhicules des prochaines années - Mariordo- Wikimédia- CC

S'il est facile de brancher une prise à sa voiture électrique, les problématiques situées en amont de cette prise de courant sont nombreuses et complexes. Éco2charge, un groupement de huit acteurs de premier plan veut accélérer le déploiement de la recharge de VE en l’intégrant aux bâtiments.

Que ce soit en hybridation ou en 100%, l’électricité va devenir incontournable dans les moteurs de nos futurs véhicules. Paradoxalement, la problématique majeure à laquelle doivent faire face les constructeurs est moins technologique que culturelle, tant les automobilistes ont "l’angoisse de l’autonomie" dès qu’on évoque un moteur électrique.

Desserrer le dernier frein

De nombreuses recherches le démontrent, les usagers potentiels décrivent l’autonomie comme une notion à la fois géographique, relative à la distance potentielle à parcourir, mais aussi temporelle, c’est à dire liée au temps d’autonomie ou de charge du véhicule. 

De fait, les trois des principaux freins à l’adoption de la voiture électrique sont : la capacité de la batterie du véhicule, la distance relative entre les points de charge et le temps de charge lui-même. 

Piloter le couple véhicules-bâtiments

C’est pour donner des réponses à dernier point que le groupement Eco2charge* s’est créé le 18 septembre dernier. Il rassemble huit acteurs de premier plan issus de filières complémentaires.

Sa feuille de route consiste à accélérer le déploiement des infrastructures de recharges des VE, notamment dans les bâtiments d’habitations et d’activités et plus largement les parkings, les gares, les centres commerciaux.

Mais, si ce point peut résoudre la problématique de confiance des usagers, il en soulève un autre, tout aussi important.

En effet, dans un scenario où beaucoup de VE arriveraient dans un bâtiment tertiaire le matin, les besoins en recharge seraient concentrés sur une courte période, à un moment de forte sollicitation du réseau électrique.

Pour éviter ce pic de consommation potentiellement coûteux et carboné, il convient donc d’intégrer de l’intelligence dans ce process en le transformant en smart-grids.

Éco2charge teste ainsi en grandeur réelle (Technocentre de Renault et Challenger, le siège social de Bouygues Construction) l’implémentation locale de réseaux électriques intelligents en y intégrant de la prévision, via une solution logicielle, de la production locale via des technologies éoliennes ou photovoltaïques et enfin du stockage via des batteries tampons.

Le véhicule électrique devient ainsi acteur à part entière du réseau électrique local en étant à la fois source et stockage d’énergie électrique, en ne ponctionnant le réseau qu’au moment optimal.

L’ambition du projet Eco2charge est de développer et commercialiser les éléments de la solution d’ici trois ans. Son budget de 13,2 millions d’euros est déployé avec le concours du Programme des Investissements d’Avenir (PIA) dans le cadre du programme véhicule du futur opéré par l’ADEME pour le compte de l'État.

* coordonné par Bouygues Énergies & Services le programme rassemble les expertises de huit partenaires de secteurs différents au service du développement de la mobilité électrique : Actility, Alstom, Bouygues Énergies & Services, le CEA, EMBIX, Nexans, Renault et l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Yves Cappelaire