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Ineos & Total : un projet pétrochimique à 9 milliards de dollars

Une usine Ineos près de Middlesbrough

Une usine Ineos près de Middlesbrough - AFP

Le mastodonte britannique Ineos a annoncé ce lundi qu'il s’apprêtait à investir 2 milliards de dollars en Arabie saoudite. Objectif affiché : prendre part à un projet initié par Total et Saudi Aramco pour mettre sur pied un complexe pétrochimique évalué à 9 milliards de dollars.

Pour Ineos, il s’agit de l’un, si ce n’est du premier investissement d’envergure mené au Moyen-Orient. Pour cette entreprise dont le siège est établi à Londres, l’heure est aux partenariats. Présidée par le milliardaire Jim Ratcliffe, Ineos s’emploie depuis quelque temps déjà à multiplier les acquisitions et donc à mettre sa marque en avant au travers d'importantes alliances nouées dans le sport notamment.

Dans un communiqué publié lundi 3 juin, la société britannique a ainsi fait état de « la signature d'un protocole d'accord avec Saudi Aramco et le français Total, afin de construire trois usines dans le cadre du projet de complexe Jubail 2 en Arabie saoudite ».

Dans le détail, il s’agit d’un projet évalué à 9 milliards de dollars et sur lequel les deux géants pétroliers français et saoudien travaillent de concert depuis la signature d’un accord le 8 octobre dernier. En principe, le démarrage du projet en question est prévu en 2024, mais des décisions finales, à commencer par des arbitrages financiers, doivent encore être pris.

A eux deux, Saudi Aramco et Total devraient investir 5 milliards de dollars dans le projet. Les 4 milliards supplémentaires devant, techniquement, provenir de partenaires dont Ineos qui devrait, pour sa part, participer à hauteur de 2 milliards de dollars.

Accroître ses capacités de production

Au-delà de cela, si Ineos a décidé de mettre la main au portefeuille pour investir de manière conséquente dans ce projet, c’est aussi parce que les trois usines qui verront le jour auront l’avantage non négligeable de lui permettre de renforcer ses capacités de production. A commencer par la production de l'acrylonitrile, un produit utilisé dans les matières plastiques.

Pour la société britannique, il apparaît clairement que ce premier investissement dans cette région du monde lui permettra de disposer de « matières premières et sources d'énergie à prix compétitif, servies par des infrastructures en bon état ». Ce qui, précise Ineos dans son communiqué, devrait lui donner la possibilité de « mieux servir » ses « clients au Moyen-Orient et divers marchés en Asie ».

Pour rappel, le groupe britannique doit son essor à plusieurs acquisitions menées par son fondateur Jim Ratcliffe. En quelques décennies, il est ainsi devenu un géant de la pétrochimie et a dernièrement dévoilé de nouveaux investissements, en Belgique notamment (3 milliards d'euros pour construire une usine de gaz à Anvers), mais également au Royaume-Uni, en Chine et aux Etats-Unis.

Julie COHEN-HEURTON