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Gérard Mestrallet (GDF Suez): "le monde ancien, je le déprécie"

Gerard Mestrallet, lors de la présentation des résultats annuels de GDF Suez, ce jeudi 27 février.

Gerard Mestrallet, lors de la présentation des résultats annuels de GDF Suez, ce jeudi 27 février. - -

Le PDG de GDF Suez a expliqué, dans un entretien donné au Monde du 28 février, pourquoi son groupe a passé des dépréciations de 15 milliards d'euros, plombant son résultat net. "Cette opération n'aura aucun impact sur la trésorerie du groupe", assure-t-il.

GDF Suez choisit de se tourner vers l'avenir au prix fort. Le groupe énergétique français a décidé de passer pour 14,9 milliards d'euros de dépréciations comptables sur des actifs, ce qui a grevé son résultat net, qui s'inscrit en perte de 9,7 milliards d'euros.

"Nous considérons que la détérioration de la situation dans la production thermique et le stockage de gaz en Europe est durable et profonde, et nous avons décidé d'en tirer toutes les conséquences comptables radicales sur la valeur des actifs concernés", a déclaré le PDG du groupe, Gérard Mestrallet, lors d'une conférence de presse téléphonique.

"Ces dépréciations n'impactent ni notre trésorerie, ni notre solidité financière", et elles "ne remettent pas en cause les perspectives de développement du groupe dans le monde", a-t-il toutefois précisé.

Transition énergétique

Dans un entretien au Monde daté du 27 février, il explique que ces dépréciations sont "à la mesure de radicalisation des choix que je fais pour GDF Suez".

"On ne peut pas s'accrocher au monde ancien et à l'héritage des monopoles. Le monde ancien, je le déprécie sur le plan comptable.
Je veux changer la culture de l'entreprise et investir dans le monde nouveau, qui passe par notre implication dans la transition énergétique en Europe et l'accélération de notre développement dans les pays à forte croissance", a-t-il développé.

Revenant par ailleurs sur l'état du marché des énergies renouvelables, il a affirmé avoir "été le premier en mai 2013 à avoir alerter [la Commission européenne] et à dire qu'on était allé trop vite et trop loin sur les revouvelables".

Il a néamoins indiqué que son groupe veut croître "dans toutes les formes de renouvelables produisant de la chaleur ou de électricité : biomasse, biogaz, éolien, solaire, géothermie, énergies marines…".

J.M.