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EDF et Areva misent désormais sur la sûreté nucléaire

Areva, mais aussi EDF, misent désormais sur la sécurité des centrales pour développer leur business.

Areva, mais aussi EDF, misent désormais sur la sécurité des centrales pour développer leur business. - -

Deux ans après la catastrophe de Fukushima, les deux groupes français ont vu leurs priorités évoluer. Pour eux, l'avenir passe avant tout par la sécurité des centrales.

C'était il y a deux ans, jour pour jour. Le 11 mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, explosait après un tsunami.

La catastrophe a fait des milliers de victimes. Elle a également entraîné une méfiance envers le nucléaire et la sécurité des centrales. Au Japon, bien sûr, mais aussi en Allemagne et en France.

Areva, leader du nucléaire, en a fait les frais, avec notamment 940 millions d'euros d'annulations de commandes et un chiffre d'affaires en baisse au Japon. Du coup, l’entreprise française a développé une nouvelle activité pour sécuriser les centrales.

Face à un parc de centrales vieillissant, Areva a ainsi lancé "Safety Alliance", 35 produits et services pour améliorer la sécurité nucléaire. En deux ans, le groupe a enregistré 170 millions d'euros de commandes, dans 16 pays différents, et vise plus de 200 millions pour 2013. En France, le programme d'Areva est à échéance 2016 avec 200 millions investis sur quatre des 19 centrales.

Mais le groupe ne s'arrête pas là. Le champion français lance d'autres services, pour veiller sur la sécurité des centrales, construites par Areva ou non, dans les décennies à venir. Un marché prometteur: un réacteur sur 10 dans le monde a déjà dépassé les 40 ans de service. En France, il y en a sept.

Henri Proglio ambitieux pour l'avenir

Du côté d’EDF, on ne dit pas autre chose. Lors des grands appels d'offres internationaux, la sécurité est devenue un facteur très important. Pour le PDG d'Edf Henri Proglio, l'offre française d’EDF et Areva s'est replacée au centre du jeu.

C’est ce qu’il a confié à BFM Business, en marge du déplacement de François Hollande à Abu Dhabi, le 15 janvier dernier. "Dans le domaine du nucléaire, le problème de la sûreté a toujours été crucial et L’élément déterminant", a déclaré le dirigeant. "Ce qui était vrai avant Fukushima est devenu évident après. La qualité de l’opérateur, qui est celui qui porte et qui assume le risque nucléaire aux côtés du gouvernement, est un élément absolument discriminant de la qualité d’une offre.

Henri Proglio envisage ainsi l'avenir de manière sereine: "A ce titre, EDF, qui est le premier opérateur mondial, est bien entendu souvent sollicité, et il nous paraît évident que l’avenir d’EDF dans le nucléaire peut se décliner de manière ambitieuse."

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