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EDF demande à pouvoir priver ses concurrents de son électricité

EDF souhaite temporairement suspendre le mécanisme d'accès régulé à l'électricité nucléaire historique. (image d'illustration)

EDF souhaite temporairement suspendre le mécanisme d'accès régulé à l'électricité nucléaire historique. (image d'illustration) - Frédérick Florin - AFP

Contraint d'arrêter plusieurs réacteurs nucléaires, le premier producteur mondial d'électricité a demandé, ce vendredi, aux ministères de l'Économie et de l'Énergie de ne plus avoir à fournir d'énergie aux opérateurs dits "alternatifs", à titre temporaire.

EDF va mettre à l'arrêt, au cours de l'hiver, cinq réacteurs nucléaires. En collaboration avec Réseau de Transport d'Électricité (RTE), l'organisme chargé d'assurer l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité, le premier producteur mondial d'électricité cherche à minimiser les risques de perturbations du réseau.

Le groupe a ainsi décidé d'échelonner la mise à l'arrêt de ses réacteurs jusqu'au 15 janvier 2017. EDF a également demandé à l'État de suspendre temporairement le mécanisme d'accès régulé à l'énergie nucléaire historique (Arenh).

"Compte tenu de ces circonstances, de leur répercussion sur le marché de gros de l'électricité et des effets spéculatifs qui en résultent", EDF demande à l'État de prendre "toutes les mesures nécessaires, dans le cadre du mécanisme d'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), incluant, le cas échéant la suspension temporaire du dispositif" indique un communiqué de l'entreprise. 

Les fournisseurs alternatifs préfèrent les prix de marché

Comme le rappelle l'agence Reuters, le mécanisme de l'Arenh, introduit en 2010 par la loi NOME "permet aux opérateurs alternatifs qui le souhaitent d'acheter des volumes d'électricité à EDF dans le but de favoriser le développement des offres concurrentes à celles de l'opérateur historique."

Concrètement, l'ensemble des fournisseurs dits "alternatifs" peuvent acheter de l'électricité au prix compétitif (fixé par la Commission de régulation de l'énergie) auquel EDF la produit (environ 42 euros/mégawattheure) ce qui leur permet en échange de proposer des prix compétitifs à leurs clients. 

Toutefois, les énergéticiens comme Engie, Direct Énergie, Sélia ou encore Proxélia n’ont aucune obligation de recourir à ce mécanisme. Ces opérateurs sont d’ailleurs peu nombreux à s’en servir, préférant acheter de l’énergie à d'autres producteurs, notamment sur les marchés de gros, où le prix de l’électricité est régulièrement moins élevé que celui fixé par l'Arenh. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV