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Chine: les réacteurs nucléaires EPR mis en service en milieu d'année

Les réacteurs en construction à Taishan

Les réacteurs en construction à Taishan - PETER PARKS / AFP

Les deux réacteurs de troisième génération actuellement en construction à Taishan devraient être mis en service mi-2018, selon l'Élysée. Un accord pour la construction d'un centre de retraitement Areva a également été conclu entre la France et la Chine.

Ce serait donc le premier EPR opérationnel dans le monde, avant même ceux en chantier à Flamanville et en Finlande. La mise en service des réacteurs nucléaires EPR de Taishan, en Chine, débutera mi-2018, a indiqué mardi l'Elysée, assurant que le chargement du combustible sur place était simplement retardé "de quelques jours".

Le président français Emmanuel Macron, en visite d'État en Chine depuis mardi, l'avait déjà confirmé lundi dans un entretien à la presse étatique chinoise, évoquant "une mise en service prochaine".

Deux réacteurs de troisième génération (EPR) sont construits à Taishan, dans le sud de la Chine, par une coentreprise franco-chinoise détenue à 30% par le français EDF. Son partenaire est le groupe étatique CGN, un géant de l'atome civil chinois. Taishan 1 devait démarrer au second semestre de 2017, mais CGN a dévoilé fin décembre un report, annonçant qu'il serait finalement mis en service "en 2018", le second réacteur devant suivre en 2019.

Une mise en service retardée plusieurs fois

Aucun EPR n'ayant été mis en service à ce jour, le chantier a pris du retard à la suite de "vérifications expérimentales supplémentaires concernant la conception et l'équipement", avait alors fait valoir CGN. La mise en service de Taishan avait déjà été retardée à plusieurs reprises. Le dernier retard avait été annoncé par CGN en février.

EDF construit pour sa part un réacteur EPR en Normandie, à Flamanville (nord-ouest de la France). L'électricien, qui a été contraint d'annoncer plusieurs fois des retards, a confirmé lundi viser un démarrage de l'EPR de Flamanville en fin d'année, après une phase d'essais dits "à froid" réalisée sans encombre. EDF va également construire deux EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Le français Areva construit également un EPR en Finlande pour le compte de l'électricien TVO. Le réacteur Olkiluoto 3 doit désormais être mis en service en mai 2019 après avoir accumulé les retards et les surcoûts.

Construction d'un centre de retraitement Areva

Parallèlement à l'annonce de la prochaine mise en service des réacteurs EPR, la France et la Chine ont signé ce mardi un accord prévoyant la construction par Areva d'un centre de retraitement de combustible nucléaire usagé en Chine.

Un "mémorandum d'accord commercial" en ce sens a été signé au Palais du peuple en présence d'Emmanuel Macron et de son homologue chinois Xi Jinping. Cet accord, providentiel pour le groupe nucléaire en difficulté Areva, pourrait dépasser les 10 milliards d'euros.

"Nous avons (maintenant) l'assurance du contrat avec une échéance: sa signature au printemps", avait assuré plus tôt mardi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

Ce chantier massif, qui devrait débuter en 2020 et durer une décennie, est jugé vital pour le nouvel Areva (NewCo) en difficulté, désormais recentré sur la gestion du cycle du combustible. La future usine franco-chinoise pourrait traiter jusqu'à 800 tonnes de combustibles usés par an, permettant d'en recycler une partie sous forme de "MOX", un mélange de plutonium usagé et d'uranium, selon les technologies développées par Areva sur son site de La Hague (nord-ouest de la France).

P.L avec AFP