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  Cette étonnante éolienne vole à 600 mètres d'altitude

Baptisée "The Bat", cette éolienne volante est actuellement testée en Alaska.

Baptisée "The Bat", cette éolienne volante est actuellement testée en Alaska. - Altaeros Energies

Diminuer la consommation d'énergies fossiles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, c'est la mission que se sont fixés ces ingénieurs américains. Pour y parvenir et se démarquer, ils jouent la carte de l'innovation.

Baptisée "The Bat", acronyme de Buoyant Airborne Turbine, cette éolienne volante a été mise au point par des ingénieurs du MIT, l’Institut de technologies du Massachusetts (Etats-Unis). Passée de la planche à dessins à la réalité grâce à une start-up, Altaeros Energies, elle est testée depuis un peu plus d’un an en Alaska et a déjà délivré plusieurs kilowatts d’électricité.

Gonflée à l’hélium, l’enveloppe hors-norme qui compose cette éolienne mesure 10 mètres de diamètre et est capable de flotter à une altitude comprise entre 300 et 600 mètres au-dessus du sol. Certains voient dans son design une gigantesque bouée, d'autres une sorte de réacteur d'avion.

Les câbles métalliques qui retiennent l'éolienne sont bien plus fins que les traditionnels pylônes.
Les câbles métalliques qui retiennent l'éolienne sont bien plus fins que les traditionnels pylônes. © Altaeros Energies

L’installation est toutefois reliée à la terre ferme, non pas au moyen d’un traditionnel pylône métallique, mais par plusieurs câbles, qui se fondent discrètement dans le paysage.

Flexibilité et productivité 

L’intérêt d’une telle installation est d’aller capter les vents d’altitude qui sont beaucoup plus constants que ceux de surface. Et environ 5 à 8 fois plus puissants. Ainsi si l’on oppose deux systèmes d’éoliennes (ce modèle volant et une variante domestique sur pylône), "The Bat" est deux fois plus efficace. C’est-à-dire qu’elle génère deux fois plus d’électricité. Selon l'Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens, cette super-éolienne est capable de produire 30 kilowatts, soit de quoi alimenter une douzaine de foyers en électricité. D’autant que le système, conçu pour résister jusqu’à des vents dont la vitesse peut atteindre 140 kilomètres par heure, est intelligent.

Bardé de capteurs et d’ordinateurs, le ballon est programmé pour revenir lui-même au sol en cas de tempête ou de violentes intempéries. Autre atout, mis en avant par ses concepteurs : la facilité de déploiement du système. En cas de tremblement de terre, de catastrophe naturelle, cette éolienne peut être déployée rapidement afin de fournir de l’électricité aux populations en détresse. Il suffit de 24 heures et de quatre hommes pour la mettre en service. Un force rendue possible grâce à l’absence d'infrastructures lourdes nécessaire à son fonctionnement (pas de socle en béton, pas de fondations). Le test du système, prévu pour 18 mois, devrait prendre fin en octobre prochain. 

A.M. avec Anthony Morel