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Bruxelles planche sur une réforme du calcul des prix de l'énergie

Invitée sur BFM Business, la commissaire européenne Margrethe Vestager est revenue sur la question épineuse du marché de l'énergie sur le continent.

Pour contenir les tarifs d'énergie, la Commission européenne travaille sur une réforme de leur mode de calcul, actuellement indexé le prix du gaz et critiqué par plusieurs Etats membres, a confirmé mardi la commissaire Margrethe Vestager sur BFM Business.

Le système d'indexation "nous a été très bénéfique lorsque l'écart de prix entre les différentes sources d'énergie était raisonnable", a estimé la Danoise, chargée de la Concurrence à Bruxelles.

Mais depuis l'invasion russe de l'Ukraine et les sanctions prises par les Européens à l'encontre de Moscou, le gaz s'est considérablement renchéri, et les prix de l'énergie en zone euro ont bondi de 41,9% sur un an, selon Eurostat.

"On est donc en train d'analyser s'il est possible de calculer différemment les écarts (entre les prix du gaz et des autres énergies) afin de modérer ce marché autant de temps que durera la crise dans laquelle nous vivons", a détaillé sur BFM Business Mme Vestager, chargée de la concurrence à Bruxelles.

Fixation "absurde"

"Actuellement, la Commission analyse tout pour éviter une hausse extrême des prix du gaz et pour éviter surtout que l'énergie hydraulique, solaire ou éolienne ne devienne aussi chère que le gaz", a-t-elle insisté, alors que l'UE vise la neutralité carbone d'ici 2050.

L'indexation des prix de l'énergie sur ceux du gaz est vivement critiquée par certains pays européens, comme la France qui plaide pour une réforme du marché européen de l'énergie.

Fin juin, le président français Emmanuel Macron a dénoncé une fixation "absurde" des prix de l'électricité, source de "surprofits déraisonnables" pour les énergéticiens. Il se heurte aux réticences de l'Allemagne et des Pays-Bas, qui souhaitent protéger les mécanismes actuels.

Quelles alternatives?

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a pour sa part récemment promis de proposer "différentes options" de réforme après l'été, en vue de discussions lors d'un prochain Conseil européen en octobre.

Selon elle, ces alternatives pourraient notamment inclure un découplage des tarifs de l'électricité par rapport à ceux du gaz.

Depuis la mi-juin, l'Espagne et le Portugal bénéficient d'ores et déjà d'une dérogation au système tarifaire énergétique de l'UE.

En raison de leur manque d'interconnexions électriques avec les autres États membres, les deux pays ont obtenu un plafonnement temporaire du prix de l'électricité, qui devrait durer jusqu'au printemps 2023.

T.L avec AFP