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Bruxelles envisage de bloquer la fusion Alstom-GE

Les activités énergie d'Alstom devraient être cédées à General Electric pour 12 milliards d'euros.

Les activités énergie d'Alstom devraient être cédées à General Electric pour 12 milliards d'euros. - Patrick Kovarik - AFP

La Commission européenne a annoncé lundi avoir ouvert une enquête approfondie sur la vente des activités énergie d'Alstom à General Electric. En cause: un possible problème de concurrence sur le marché des turbines à gaz.

Le feuilleton Alstom n'est peut-être pas terminé. La Commission européenne a ouvert lundi une enquête approfondie sur le projet de vente du pôle énergie du groupe français à l'américain General Electric (GE), estimant que cette opération à 12 milliards d'euros pourrait poser des problèmes de concurrence.

Dans un communiqué publié à ce sujet, la Commission écrit que des "problèmes de concurrence pourraient se poser sur le marché des turbines à gaz de haute puissance, principalement utilisées dans les centrales au gaz." Pour Bruxelles, la réunion des activités de GE et d'Alstom se traduit, de facto, par l'éviction "de ce marché l'un des trois principaux concurrents de GE dans le monde".

Une situation contraire aux principes que défend depuis toujours la Commission européenne. "Nous craignons que le projet d'acquisition conduise non seulement à une hausse des prix mais également à un choix réduit pour les consommateurs et à une moindre innovation dans le secteur (sur le marché des turbines à gaz de grande puissance, ndlr)", souligne dans son communiqué Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence.

Bruxelles se réserve le droit de bloquer la fusion

Cette critique est assortie d'une menace. Bruxelles pourrait bloquer cette fusion qui avait donné lieu à une vive polémique politique en France. L'exécutif européen se donne jusqu'au 8 juillet prochain pour décider si, après avoir terminé son enquête, il autorise cette transaction.

Les relations entre GE et Bruxelles n'ont pas toujours été faciles. En 2001, la Commission avait fait capoter le rachat de Honeywell par le conglomérat alors que les autorités américaines de la concurrence avaient donné leur feu vert.

Y.D. avec agences