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Bientôt une femme pour diriger Suez?

La patronne de la zone France chez Suez, Marie-Ange Debon, fait figure de favorite pour prendre la direction générale du groupe l’année prochaine. Le processus de nomination débutera à la rentrée.

Après Engie, Suez réfléchit à propulser une femme à sa direction. Le directeur général du spécialiste de l’eau, Jean-Louis Chaussade, quittera son poste début 2019, atteint par la limite d’âge de 68 ans. Le processus de nomination de son successeur démarrera officiellement en septembre. Mais déjà, un nom sort du lot. Celui de Marie-Ange Debon, responsable de la France pour les deux grands métiers de Suez, l’eau et les déchets.

Selon plusieurs sources internes, elle est clairement la favorite pour prendre la direction du groupe l’an prochain. "Elle coche toutes les cases", reconnait un cadre. "Le président Gérard Mestrallet et Jean-Louis Chaussade la font monter en puissance", explique un autre. En mars dernier, elle a hérité d’un poste sur-mesure pour diriger les deux métiers de Suez en France. Une manière de la propulser au cœur du réacteur et de faire taire ses détracteurs qui lui reprochaient de ne pas avoir assez d’expérience opérationnelle.

Diplômée d’HEC et de l’Ena, vice-présidente du Medef International, elle est "très bien connectée" ajoute une source, justifiant la nécessité d’avoir de bons réseaux pour décrocher le poste de directeur général. Le président Gérard Mestrallet nommerait ainsi la deuxième femme à la tête d’un grand groupe après avoir intronisé Isabelle Kocher, la patronne d’Engie, l’actionnaire à 33% de Suez.

Mal parti pour Chaussade

Marie-Ange Debon aurait aussi les faveurs d’Anne Lauvergeon, la présidente du comité des nominations du conseil d’administration de Suez. L’ancienne patronne d’Areva envisagerait de l’épauler d’un numéro deux plus opérationnel. Elle pourrait porter son choix sur Bertrand Camus ou Philippe Maillard, tous deux issus de l’ancienne Lyonnaise des Eaux et candidats au poste, pour ménager les rivalités internes.

Reste à savoir si Jean-Louis Chaussade prendra par ricochet la présidence de Suez. L’actuel président, Gérard Mestrallet, sera, lui aussi, atteint par la limite d’âge de 70 ans en début d’année prochaine. Selon plusieurs sources, l’actionnaire Engie et l’Etat, ne seraient pas très favorables à sa nomination suite aux mauvais résultats du groupe en début d’année. En privé, lui-même se dit "pessimiste" sur ses chances. Il faudrait que Suez redresse largement ses performances d’ici la fin de l’année. Un objectif à remplir aussi pour Marie-Ange Debon.

Matthieu Pechberty