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Areva: la justice va enquêter sur les anomalies de l'usine du Creusot

La cuve de l'EPR de Flamanville (Manche) en cours de construction a été fabriquée dans l'usine Areva située au Creusot.

La cuve de l'EPR de Flamanville (Manche) en cours de construction a été fabriquée dans l'usine Areva située au Creusot. - Charly Triballeau - AFP

Le paquet de Paris a ouvert une enquête pour faire la lumière sur des anomalies de fabrication de pièces de réacteurs nucléaires de l'usine Areva du Creusot et des irrégularités dans les processus de suivi.

La justice souhaite comprendre ce qu'il s'est passé dans les ateliers de l'usine Areva située au Creusot (Saône-et-Loire). Une enquête a été ouverte mercredi 7 décembre au pôle santé publique du parquet de Paris pour mise en danger d'autrui, faux et usage de faux et tromperie aggravée, a précisé une source judiciaire auprès de l'AFP. L'ouverture de cette enquête fait notamment suite à un signalement effectué par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 20 octobre dernier. 

Confiées à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et à l'Office spécialisé contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), les investigations vont porter sur les anomalies détectées dans le suivi des processus de fabrication d'équipements au sein de l'usine Areva du Creusot, où a été fabriquée la cuve de l'EPR de Flamanville (Manche). Ces anomalies avaient été décelées dans le cadre d'un audit qualité lancé en 2015, après la découverte d'un défaut dans la composition de l'acier de la cuve du réacteur EPR.

Le 25 octobre, le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet, avait dénoncé des "pratiques industrielles inacceptables", indiquant avoir signalé les faits à la justice. Devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), il avait évoqué "un certain nombre de documents qui s'apparentent à des falsifications", parmi ces dossiers.

Des associations antinucléaires ont porté plainte

Ces pratiques courent sur des décennies, puisque l'audit qualité se focalisait au départ sur les dossiers de fabrication de 400 pièces produites depuis 1965, dont une cinquantaine sont encore en service dans le parc nucléaire français. Depuis, il a été étendu à l'ensemble des 9.000 dossiers de fabrication de son usine du Creusot.

Au-delà de l'EPR de Flamanville, les investigations porteront sur des défauts relevés sur les générateurs de vapeur du réacteur numéro 2 de Fessenheim (Haut-Rhin), arrêté depuis mi-juin, et du réacteur 5 de Gravelines (Nord), où il n'est pas encore installé.

Concernant Fessenheim 2, le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête après une plainte de Greenpeace et d'autres associations visant Areva et EDF et les investigations seront jointes à celles lancées pour le site du Creusot, a précisé la source judiciaire.

Une première plainte d'une association antinucléaire, l'Observatoire du nucléaire, avait été adressée au printemps au parquet de Châlons-sur-Saône, compétent géographiquement pour le site du Creusot. L'ASN avait aussi adressé son signalement à ce parquet, qui s'est finalement dessaisi au profit du parquet de Paris.

A.M. avec AFP