BFM Business

Areva devrait quand même profiter de la hausse de l'uranium

Areva peut se féliciter de la hausse des cours de l'uranim pour ses ventes, moins pour son approvisionnement.

Areva peut se féliciter de la hausse des cours de l'uranim pour ses ventes, moins pour son approvisionnement. - -

Le groupe français prévoit une remontée du cours de l'uranium. De quoi doper ses ventes de minerai enrichi, mais aussi faire augmenter le prix de ses contrats d'exploitation au Niger, en train d'être renégociés.

L'uranium va recommencer à augmenter. C'est le directeur des mines d'Areva qui l'assure. Olivier Wantz déclare dans une interview à l'agence Bloomberg, parue ce 7 octobre, que la tendance à la baisse des prix du minerai va prendre fin. Une situation qui constitue à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Areva.

En tant qu'acteur totalement intégré, le leader français extrait le minerai et le revend après l'avoir transformé à des énergéticiens opérateurs de centrales. Des énergéticiens qui pourraient multiplier les achats avant 2015 en prévision de la hausse des prix.

Fukushima et la baisse de la demande japonaise et allemande ont, certes, fait chuter le cours du combustible, de 138 dollars en juin 2007 à moins de 35 dollars au début de l'été 2013. Mais l'heure du rebond arrive à grand pas.

L'Association du nucléaire mondial s'attend à une hausse de 48% de la demande d'ici 2023. En plus des 435 réacteurs en service dans le monde, près de 70 réacteurs sont en construction, en Chine, en Russie, en Inde ou en Corée du Sud…

"Nous commençons à voir une stabilisation des prix, avec le début d'une reprise dès 2014", s'est félicité Olivier Wantz, auprès des journalistes de Bloomberg.

Un tiers de l'uranium d'Areva est nigérien

L'entretien s'est tenu il y a deux semaines, mais l'interview n'a été publiée que ce lundi, au lendemain de l'annonce, par le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini, de son intention de "passer au peigne fin" ses contrats d'uranium avec Areva, afin qu'ils soient "le mieux équilibré possible".

Le leader français du nucléaire tire un tiers de son approvisionnement du Niger. Pour la première fois depuis cinquante ans qu'il exploite ses mines nigériennes - à Somaïr, Cominak, et Imouraren (en construction) – les termes du contrat vont être renégociés. Mais du côté d'Areva, on se refuse à commenter, des négociations étant en cours.

En février, le gouvernement nigérien s'est plaint que l'uranium "ne rapporte pas assez" à son pays. Un mois après, Areva faisait "don" de 35 millions d'euros à Niamey. "Un geste" pour "soutenir l'effort qui est fait au niveau de l'Etat du Niger pour protéger les activités, les biens et les personnes qui sont liés à nos activités", expliquait alors Olivier Wantz.

Nina Godart