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Aciérie d'ArcelorMittal à Florange: un an d'attente

ArcelorMittal aurait confirmé la fermeture de deux hauts-fourneaux

ArcelorMittal aurait confirmé la fermeture de deux hauts-fourneaux - -

Les salariés du site de Florange vont bientôt être fixés sur leur sort. Cela fait un an qu'ils se battent. En jeu: la fermeture de deux hauts fournaux.

Cela semble désormais inéluctable... Les deux hauts fourneaux de l’aciérie d’ArcelorMittal à Florange en Moselle devraient définitivement fermer leurs portes, selon le quotidien Libération. Un dossier encombrant qui aura embarrassé les gouvernements lors du mandat de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Retour sur l’affaire.

Le haut fourneau P3 est à l’arrêt depuis l’été 2011 et le P6 depuis octobre 2011. Une mise en veille, temporaire selon ArcelorMittal, en raison d’une demande insuffisante d’acier en Europe. En 2011, la production dans l'Union européenne s'est élevée à 177,4 millions de tonnes (Mt), soit 16% de moins que le niveau de 2007 (210,18 Mt), selon les chiffres de la World Steel Association (WSA). Sur l’ensemble de l’année 2012, la demande d’acier en Europe devrait reculer de 2,7% d’après la fédération européenne du secteur Eurofer.

Le candidat Hollande se rend sur le site en février 2012. Il s’engage à faire voter une loi pour forcer les grands groupes à céder les sites industriels qu’ils veulent fermer, s’il est élu.

De son coté, encore président de la République et déjà candidat, Nicolas Sarkozy annonce en mars 2012 qu’ "à la demande de l'Etat français, ArcelorMittal va investir 17 millions d'euros à Florange et le deuxième haut-fourneau repartira au deuxième semestre". Le groupe de sidérurgie confirme ces informations tout en apportant une nuance: le deuxième haut-fourneau ne sera remis en marche qu’à condition que la reprise économique soit au rendez-vous. Les syndicats protestent devant ce qu’il est considéré comme des "coups médiatiques".

Une mission d'expertise déclarait le site viable...

Quelques mois plus tard, fraîchement élu, François Hollande crée une mission d’expertise. Elle rend son rapport en juillet au ministre du Redressement productif, Arnaud Montbourg, qui déclare que le site est "viable, fiable et rentable" et nécessite un investissement de 400 à 500 millions d’euros. "La mission a examiné les évolutions du marché de l'acier en France et en Europe, puis a dégagé les pistes permettant d'assurer un avenir industriel et économique pérenne au site sidérurgique de Florange", rassure Arnaud Montebourg.

Pourtant, les salariés sont inquiets. "Les experts du gouvernement sont en train de nous dire que Florange pourrait tourner sans le train à chaud. C'est exactement ce qui dit (Lakshmi) Mittal. Nous ne voulons pas de cette solution. Nous voulons garder un site intégré qui maîtrise tout le processus de fabrication", souligne Edouard Martin, un responsable CFDT à l’aciérie mosellane.

Le 10 septembre, la direction d'ArcelorMittal a refusé de démentir la possibilité d'un plan social dans ce site.

Aujourd'hui, dernier espoir, c'est une reprise partielle qui serait négociée. L'Etat travaillerait à un projet de reprise pour un euro symbolique. ArcelorMittal pourrait accorder un délai de "plusieurs mois" pendant lequel l'Etat serait chargé de trouver un repreneur, le géant de l'acier gardant, lui, la "filière froide" de transformation du métal produit localement.

Le titre de l'encadré ici

|||Copé accuse Hollande

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, note que "la décision de Mittal arrive après que François Hollande a retaxé les heures supplémentaires et supprimé la fiscalité anti-délocalisation qu'on avait mise en place. Pas une seule fois [François Hollande] n'a été capable de proposer une vision stratégique concrète ; l'essentiel, c'est du matraquage fiscal sur les Français".

Diane Lacaze