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A Toulouse, des scientifiques rêvent de rafraîchir nos villes

Sous la houlette de Météo France, 600 scientifiques sont réunis jusqu'au 24 juillet au centre des congrès de Toulouse. Leur objectif: repenser la ville du futur dans un contexte de réchauffement climatique.

Les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus sentir par les citoyens. Particulièrement lors des vagues de chaleur ou des épisodes caniculaires comme ceux de 2003 ou de début juillet. La 9e édition de la Conférence internationale sur le climat urbain (ICUC9), qui réunit une soixantaine de nationalités, a donc pour objectif de "mettre l'accent sur l'adaptation des villes au changement climatique et sur le réintroduction de la végétation en milieu urbain". Depuis 2000, l'ICUC réunit tous les scientifiques du monde entier travaillant sur le climat urbain. Dont de nombreux climatologues qui, depuis les années 70, étudient le phénomène dit de "l'îlot de chaleur urbain" qui aggrave dans les centre-villes les effets d'une vague de chaleur. 

Pour expliquer ce concept, Valéry Masson, directeur de recherche de l'équipe climat de Météo France prend l'exemple de Paris. "On a constaté un îlot de chaleur de 8 degrés d'écart par rapport à la campagne" lorsqu'une vague de chaleur s'abat sur la ville et dure.

La plus forte chaleur des villes est liée à leur caractère minéral

Selon le scientifique, si les températures sont supérieures en ville, par rapport à la campagne, cela "n'est pas lié à la production de chaleur des activités humaines mais à la chaleur emmagasinée dans la journée par la pierre et le bitume". Les matériaux qui composent l'environnement urbain constituent en effet un facteur aggravant. Si l'on prend le cas du bitume, très pratique pour les routes, on s'aperçoit que cet enrobé noir, dérivé d'hydrocarbures emmagasine la chaleur et la restitue à la nuit tombée. Une conséquence de son albédo, c'est-à-dire, son pouvoir réfléchissant quasi nul. Inversement, une surface claire de type béton désactivé réfléchira tout au long de la journée la luminosité mais n'absorbera que très peu de chaleur.

A quelques mois de l'ouverture à Paris de la COP21, cette édition 2015 de l'ICUC est axée sur la présentation de certaines actions visant à rééquilibrer la chaleur perçue dans les villes. 350 communications orales sont d'ores et déjà prévues sur les quatre jours que vont durer ce congrès. Les orateurs vont se relayer pour présenter des systèmes de rafraîchissement des rues, ou encore mettre l'accent sur les bienfaits de la végétalisation en milieu urbain. En espérant qu'un jour ces solutions embryonnaires soient intégrées dans les domaines de la planification urbaine par les autorités concernées.

Antonin Moriscot