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À Paris, cette start-up chauffe l’eau des piscines avec ses datacenters

Plutôt que de refroidir les datacenters, pourquoi ne pas utiliser la chaleur qu'ils dégagent pour chauffer les infrastructures publiques?

Plutôt que de refroidir les datacenters, pourquoi ne pas utiliser la chaleur qu'ils dégagent pour chauffer les infrastructures publiques? - Martin Bureau

"Plutôt que de dépenser de l’énergie à refroidir les datacenters, la Mairie de Paris mise sur ces infrastructures pour en économiser. Cet automne, la chaleur dégagée par les serveurs d’une start-up iséroise réchauffera la piscine de la Butte-aux-Cailles."

Si le numérique est un levier pour l’économie, c’est aussi l’une des innovations les plus consommatrices en énergie. Les datacenters, ces unités de serveurs informatiques qui hébergent les sites auxquels nous nous connectons, tournent nuit et jour toute la semaine. Conséquence: en plus de consommer de l’énergie pour fonctionner, il en faut aussi pour refroidir ces appareils installés dans des salles climatisées.

Dans le monde entier, chacun cherche des idées soit pour consommer moins, soit pour mieux utiliser cette énergie perdue. Après le centre aquatique de Val d’Europe (Marne La Vallée) qui chauffe l’eau des bassins et des douches avec les serveurs de Natixis, les piscines parisiennes vont bénéficier de la chaleur des datacenters d’une start-up iséroise.

La capitale a décidé de louer à Stimergy les sous-sols de la piscine de la Butte aux Cailles (13e arrondissement) qui autrefois abritaient la chaufferie à charbon. Cette start-up iséroise y installera ses serveurs qui, une fois connectés, réchaufferont l’eau des bassins.

Iliad va chauffer 150 appartements et une crèche

Si cette opération est une innovation pour Paris, elle devient presque banale pour Stimergy qui chauffe déjà l’eau des douches du gymnase de l’université Lyon-Jean-Moulin. La société alimente aussi en eau chaude les radiateurs d’une vingtaine de logements sociaux à Grenoble. Stimergy, qui a mis au point une chaudière numérique, a même intégré ce service dans son modèle économique.

En janvier dernier, la start-up a levé 1,25 million d’euros auprès de fonds spécialisés dans les greentech (Demeter Partners et Phitrust Innovation). Son but est de développer ces offres en France et se développer à l’international. Car ces innovations sont loin d’être des solutions locales. En juin dernier, Google a annoncé son intention d’acheter pour 600 millions de dollars la centrale à charbon de Windows Creek (Alabama) pour y installer des datacenters. Ces appareils seront refroidis naturellement grâce aux réserves d’eau naturelles. Quant à l’énergie qu’ils produiront, elle sera revendue à la Tennessee Valley Authority, le principal fournisseur d'électricité aux États-Unis.

Et si les géants américains avancent à grands pas dans cette stratégie énergétique, Paris n’est pas en reste. Dans le 15e arrondissement, un ensemble de Paris Habitat, l’office HLM de la capitale, offrira eau chaude et chauffage aux 150 appartements et à une crèche grâce au datacenters du groupe Iliad.

Pascal Samama