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Didi, le Uber chinois, en passe de réaliser une levée de fonds colossale

Jean Liu, la présidente de Didi Chuxing

Jean Liu, la présidente de Didi Chuxing - AFP-Fred Dufour

Le service de VTC chinois pourrait bientôt lever 6 milliards de dollars. De quoi lui donner des moyens financiers considérables afin de poursuivre sa stratégie de développement.

C'est une levée de fonds exceptionnelle que s'apprête à réaliser Didi. En effet, d'après des informations parues dans certains médias américains spécialisés, le service de VTC chinois serait en passe de réaliser une levée de fonds colossale de 6 milliards de dollars (5,5 milliards d’euros). À titre d'exemple, Snap avait levé en mars dernier 3,4 milliards de dollars dans le cadre de son introduction en Bourse, faisant de cette opération la plus importante depuis l'IPO d'Alibaba. Dans le cas de Didi, cette levée se ferait uniquement par un tour de table, dans lequel on retrouverait SoftBank ou encore le fonds SilverLake.

Avec une valorisation qui devrait atteindre les 50 milliards de dollars contre 33 milliards précédemment, Didi deviendrait la deuxième plus importante "licorne", ces start-up non cotées dont la valorisation dépasse le milliard de dollars, juste devant Xiaomi, le fabricant chinois de smartphones (46 milliards de dollars), mais tout de même derrière son concurrent Uber et ses 68 milliards.

Cette manne financière vise à donner à Didi une base de financement suffisante pour poursuivre son ambitieux programme de développement. Alors que depuis son démarrage, le groupe s’est essentiellement concentré sur la Chine avec notamment le rachat en 2016 des activités chinoises d'Uber, l'application chercherait désormais à s’étendre dans d’autres pays et à se diversifier. Dans le cadre de cette stratégie, Didi a ouvert, en mars dernier dans la Silicon Valley, un laboratoire de recherche consacré à l'intelligence artificielle et la conduite autonome. 

Les déboires d'Uber

Cette opération financière intervient alors qu'Uber connaît de graves déboires. D'abord attaqué pour son cynisme lors des grèves de taxis new-yorkais contre le décret anti-immigration de Donald Trump, le groupe a été très critiqué après la polémique autour de son patron, Travis Kalanick. Ce dernier, interpellé par un chauffeur qui se plaignait que l'application l'avait ruiné, avait durement rabroué le conducteur, créant un gros malaise autour de la société. 

Pointé du doigt par ses chauffeurs, Uber l'est également par les investisseurs. En effet, de plus en plus d'analystes doutent de la capacité du groupe à devenir rentable. En 2016, la société a essuyé des pertes estimées à plus de 2,8 milliards de dollars, soit 800 millions de plus qu'en 2015. Un déficit difficile à comprendre pour une entreprise qui ne compte que 6.700 salariés dans le monde (dont à peine 120 en France) et aucun site industriel.

S.B.