BFM Business
Défense

Avion de combat européen: Dassault remet la pression

"A un moment donné, il faut savoir dire oui ou non", affirme Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation, alors que le projet Scaf patine.

Le patron de Dassault Aviation Eric Trappier a une nouvelle fois brandi mardi la perspective d'un échec de la coopération sur le projet de Système de combat aérien du futur (Scaf), faute d'accord avec Airbus avec qui le dialogue est selon lui "un peu distendu".

Le projet lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, ensuite rejoints par l'Espagne, a fait l'objet d'un accord entre les États pour lancer la phase d'études détaillées, mais il bute depuis près d'un an sur la répartition des tâches entre industriels.

"A un moment donné il faut savoir dire oui ou non", a affirmé Eric Trappier à des journalistes en marge d'une cérémonie à Mérignac (Gironde), confiant que "des gens travaillent sur (un) plan B" en cas d'échec.

Dassault Aviation représente les intérêts de la France, maître d'oeuvre du programme, tandis qu'Airbus représente ceux de l'Allemagne et de l'Espagne pour ce qui concerne l'avion, autour duquel s'articule un "système de systèmes" avec notamment des drones accompagnateurs.

Une "divergence d'interprétation"

"On n'est pas forcément très loin, mais psychologiquement il faut accepter les hypothèses qui ont été faites. Nous, par exemple, on est sous-traitant d'Airbus dans (le programme) Eurodrone, cela ne me pose aucun problème, je suis sous-traitant d'Airbus. Je pense que la réciprocité qui est qu'Airbus est sous-traitant de Dassault pour l'avion de combat n'est pas idiote. Il faut qu'ils l'acceptent", a estimé Eric Trappier.

Il n'est selon lui pas question de "codévelopper" des technologies, mais de répartir leur mise au point selon le principe du "meilleur athlète" afin d'avoir une "coopération efficace".

Interrogé sur la capacité de la France, seule, à mener un tel programme si la coopération échouait, le PDG de Dassault Aviation a jugé que "l'équation économique du développement des avions de combat, de l'Ouragan au Rafale, avait été favorable à la France sur ses intentions opérationnelles, politiques et industrielles".

"Vu de ma fenêtre, je ne vois pas pourquoi ce qui a marché ne pourrait pas continuer à marcher", a-t-il ajouté.

Dans un récent entretien aux Échos, le président de la division Défense d'Airbus Michael Schoellhorn évoquait "une divergence d'interprétation (...) sur la manière de mener une véritable coopération industrielle".

"Si le maître d'oeuvre Dassault souhaite diriger les deux dossiers clés de la furtivité et de l'agilité, sans nous consulter, c'est non. Airbus n'est pas un fournisseur de Dassault sur cet avion, nous sommes le partenaire principal", avait-il expliqué.

P.D. avec AFP