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Universal autorisé à racheter une version allégée d'EMI

Malgré les cessions auxquelles devra procéder Universal, l'opération de rachat de EMI reste très juteuse

Malgré les cessions auxquelles devra procéder Universal, l'opération de rachat de EMI reste très juteuse - -

La Commission européenne a donné son feu vert vendredi au rachat d'EMI Music par son concurrent Universal. Mais à condition que la filiale de Vivendi se déleste d’un certain nombre d’actifs de sa cible.

57% de parts de marchés en France, 44% au niveau mondial. Voilà ce que détiendrait la nouvelle entité formée d’Universal Music et d’EMI. La fusion de deux des quatre plus grandes maisons de disque au monde présentait un risque de monopole suffisant pour alerter la Commission européenne. Bruxelles a rendu son avis ce vendredi 21 septembre : le leader mondial du secteur a le droit de se marier avec EMI, mais pas avant d’avoir céder une grande partie des pépites de sa cible.

L‘autorisation de la Commission est ainsi subordonnée à la cession de EMI Recording Limited. Une branche dont fait partie le label Parlophone, maison de disque qui gère les droits de grands noms comme Coldplay, Kylie Minogue, Pink Floyd, David Bowie ou encore Gorillaz.

120 millions d'euros de synergies

Mais ce n’est pas tout. Universal doit se séparer d'EMI France, notamment propriétaire du catalogue de David Guetta, des labels de musique classique d'EMI, de Chrysalis, qui produit Depeche Mode et de Moby, et encore d’autres labels.

Ces cessions correspondent à deux tiers du chiffre d'affaires d'EMI en Europe. Pour autant, l'opération restera fortement créatrice de valeur pour la filiale de Vivendi. D’une part parce la vente de ces entités devraient engranger de juteux profits, la demande pour ces actifs étant forte. D’autre part parce que les synergies devrait atteindre, selon le directeur financier de Vivendi Philippe Capron, plus de 120 millions d’euros.

D'autant plus que les exigences de la Commission ne concernent que l’activité du nouveau groupe en Europe. En Nouvelle-Zélande, au Japon et au Canada, le rachat annoncé en 2011 et pour lequel Universal a versé 1,5 milliards d’euros a été autorisé au cours de l’été 2012, sans aucune condition.

Nina Godart