BFM Business

Rachat du Club Med: les Chinois gagnent la partie

La reprise du Club Med avait fait l'objet d'un intense bras de fer entre l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi et le consortium chinois Fosun.

La reprise du Club Med avait fait l'objet d'un intense bras de fer entre l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi et le consortium chinois Fosun. - Franko Lee - AFP

L'homme d'affaires italien Andrea Bonomi a annoncé ce vendredi 2 janvier qu'il se retirait de la course pour racheter le Club Med. Ce qui laisse le champ libre à l'autre candidat à la reprise du groupe, le consortium chinois Fosun.

La fin d'un long feuilleton. Ce vendredi 2 janvier, l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi a fait savoir qu'il renonçait à surenchérir sur l'offre du conglomérat chinois Fosun pour racheter le Club Méditerranée.

"Après avoir analysé attentivement la situation de l'offre publique visant les titres de la société Club Méditerranée SA et, en particulier, les niveaux de valorisation atteints pour la société, le conseil d'administration de Global Resorts SAS (société liée à Andrea Bonomi, ndlr) a décidé de ne pas surenchérir et, en conséquence, a l'intention de retirer son offre", indique-t-il dans un communiqué.

Une lutte acharnée

"En tant qu'investisseur institutionnel, Global Resorts estime que la situation actuelle (...) ne permet plus de considérer que le Club Med constitue une bonne opportunité d'investissement", poursuit l'homme d'affaires italien. Andrea Bonomi précise ensuite que les actions détenues par sa société Global Resorts seront soient apportées à l'offre de Fosun soit "cédées sur le marché". 

Le retrait de la course d'Andrea Bonomi, à qui l'AMF (Autorité des marchés financiers) avait donné jusqu'au 7 janvier pour surenchérir, laisse donc le champ libre à Fosun pour racheter le groupe français. Les deux candidats à la reprise du Club Med, s'étaient ces derniers mois, livrés une lutte acharnée à coup de surenchères progressives.

L'OPA la plus longue de l'histoire de la Bourse de Paris

Mais finalement, c'est bien Fosun qui a eu le dernier mot en proposant, le 19 décembre dernier, 24,60 euros par action, soit soixante centimes de plus que la dernière offre d'Andrea Bonomi. Cette dernière proposition de Fosun valorise ainsi le Club Med à 939 millions d'euros. Pour pouvoir faire face à son adversaire, le conglomérat chinois avait notamment rallié l'investisseur brésilien Nelson Tanure, qui pilote le conglomérat industriel Docas Investimentos, à la liste de ses partenaires.

Du côté de la direction du Club Med, on imagine sans trop de mal que la fin de ce bras de fer représente un soulagement. "L'incroyable durée de l'OPA fait que la société en souffre. Aujourd'hui, la société voit son développement ralentir car ses partenaires se demandent ce qu'elle va devenir", expliquait Henri Giscard d'Estaing, le PDG du Club Med, le 2 décembre dernier sur BFM Business.

Le dossier Club Med, qui dure depuis plus de 18 mois, est d'ailleurs devenu l'offre publique la plus longue de l'histoire de la Bourse de Paris. Jusqu'à présent, le record revenait à l'offre de la société immobilière Icade sur sa concurrente Silic, qui avait traîné en longueur en 2012-2013 pour cause de recours judiciaires.

J.M. avec AFP