BFM Business

Plombé par les dettes, Le Mans FC perd son statut professionnel

Le stade du MMA fut le premier stade financé par un partenariat public privé en France

Le stade du MMA fut le premier stade financé par un partenariat public privé en France - -

Les instances du football français ont placé le club sarthois, endetté à hauteur de 14,4 millions d’euros, en Championnat de France Amateur (CFA). Une dégringolade qui pourrait coûter cher au contribuable manceau.

A deux doigts du dépôt de bilan, le club de football du Mans vient d’être rétrogradé en Championnat de France Amateur par la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG). "Cette décision sonne la mort de mon club. Je suis abasourdi, c'est le néant !", a commenté Frédéric Thomas, le capitaine du Mans après l’annonce officielle de la Fédération Française de Football ce vendredi 6 septembre.

Le club peut encore faire appel au CNOSF (Comité National Olympique) pour tenter de garder son statut professionnel et ainsi éviter le licenciement pur et simple d’une centaine de salariés. "C'est une décision grave qui m'étonne et qui conduit à tuer une entreprise qui était viable", a déploré le maire du Mans, Jean-Claude Boulard (PS), interrogé par l'AFP.

Un stade à 104 millions d'euros

Endetté à hauteur de 14,4 millions d’euros, le club avait déjà placé en redressement judiciaire le 27 août dernier. En cause, la construction dans les années 2000 d’un stade de 25.000 places, le MMA Arena, voulu par le président du club Henri Legarda. Inauguré en 2011, le nouvel écrin, financé par un partenariat public-privé (PPP), a coûté 104 millions d’euros au constructeur Vinci, au club et aux collectivités.

Un fiasco payé par le contribuable ?

En perdant son statut professionnel, Le Mans FC perd aussi celui de club résident du MMArena. Conséquence : la ville risque de devoir payer jusqu’à 44 millions d’euros de manque à gagner à Vinci, comme le stipule le contrat. Le 14 août dernier, le tribunal de commerce avait déjà condamné le club à verser 545.000 euros de loyers impayés à la filiale du groupe Vinci gérant le stade.

T.S-C et avec AFP