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Paris face à la désaffection des touristes étrangers

Sur les deux derniers mois de 2015, l'hôtellerie a vu le nombre d'entrées fondre en Île-de-France, avec une chute de 22% pour la seule clientèle étrangère en décembre. Les élus parisiens vont ainsi s'activer pour permette au secteur rebondir, rapporte le Parisien.

Le tourisme est le secteur qui a le plus souffert des attentats du 13 novembre. L'Insee l'avait déjà clairement indiqué dans une étude publiée le 12 février dernier. L'institut soulignait alors que la fréquentation hôtelière avait chuté de 6,8% dans l'agglomération parisienne au quatrième trimestre 2015 par rapport à la même période de 2014, la baisse étant encore plus marquée pour les touristes étrangers (-9,8%).

Les chiffres dévoilés par le Parisien ne font que confirmer ce constat. Selon des données du comité régional du tourisme francilien, les arrivées mensuelles dans les hôtels d'Île-de-France ont chuté de 7% en novembre et de 7,7% décembre. La baisse est encore plus importante pour la clientèle étrangère qui après un recul relativement contenu en novembre (-4,2%) a littéralement plongé en décembre (-22%).

"Nous ne pouvons pas encore quantifier l'impact des attentats avec un montant précis. Mais tout le secteur a été frappé de plein fouet. D'ailleurs, nous travaillons à la création d'un fonds d'urgence pour aider les structures les plus touchées. Une aide de 1 million d'euros pourrait être débloquée dans les prochaines semaines", explique au quotidien francilien David Douillet le président Les Républicains de la région.

Problèmes récurrents

Si le dynamisme des touristes chinois restent fort, (+49,1% selon le comité régional du tourisme sur l'année 2015) les clientèles russes (-37%) et japonaises (-22%) sont en fort recul. David Douillet à ce titre qu'Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France se rendront à Tokyo du 28 février au 1er mars pour "rassurer nos amis japonais".

Reste que certains problèmes semblent aller au-delà des attentats. "Il y a à l'étranger une baisse du désir de France. Nous nous sommes comportés comme des enfants gâtés. C'est quand même incroyable que l'aéroport de Roissy ne soit pas relié à Paris. C'est la seule ville au monde dans ce cas", déplore Jérôme Tourbier, un entrepreneur du secteur, auteur du livre Tourisme en péril: Redonner à la France sa capacité de séduire".

Un enjeu d'autant plus important que le tourisme pèse pour 7,4% du PIB français, la France étant par ailleurs le pays le plus visité par les touristes au monde avec 83,8 millions de visiteurs. Dont 46 millions pour la seule Île-de-France.

J.M.